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La veuve Clicquot revisitée (1777-1866)

Filiatus

Maître Poète
Plus connue que la Brinvilliers
Charlotte Corday, Ségolène
La marquise de Sévigné
Et même Aliénor d'Aquitaine

Plus discrète que Barbara
Plus sucrée que la Pompadour
Plus pétillante que Carla
Plus pulpeuse que "Lova Moor"

La veuve Clicquot vous salue
Car la dame, mieux que les autres
Dans le monde entier est connue
Alors les amis "À la vôtre" !

Barbe Nicole Ponsardin
Naît à Reims, au cœur d'un hiver
Sous le règne du très chrétien
Louis XVI, encore populaire

Elle est fille de Nicolas
Et de sa femme, Clémentine
Son père, maire de l'endroit
A de très nobles origines

Jean Baptiste, son petit frère
Naît deux ans plus tard et, enfin
Pour son cinquième anniversaire
Au monde, Clémentine, vient

Comme toutes les jeunes filles
Elle attend son prince charmant
Mais la prise de la Bastille
Vient contrecarrer ses douze ans

Car les princes ont fui la France
Ou bien sont rentrés dans le rang
Lors, à Reims pour faire riche alliance
Ne restent que les négociants

Aussi, en prairial de l'an six
Soit en juin quatre-vingt-dix-huit
Barbe et François Clicquot s'unissent
Au son des bouchons qui crépitent

François Clicquot est militaire
Mais surtout grossiste en Champagne
Il est connu en Angleterre
En Belgique et en Allemagne

François vend, dit-on à l'entour
Cent mille bouteilles par an
Soit plus de trois cents chaque jour
De quoi nourrir son régiment

Quelques temps après leur mariage
Naît la petite Clémentine
Mais alors qu'elle est en bas âge
François meurt de "fièvre maline"

À vingt-huit ans, Barbe est donc veuve
Et ses amis face à ce choc
La réconfortent comme ils peuvent
Or la jeune femme est un roc

Elle prend en main l'héritage
Et invente le procédé
De "La Table de remuage"
De nos jours encore appliqué

Elle s'entoure d'une équipe
Qu'aucune frontière ne stoppe
Pour imposer son leadership
Jusques aux confins de l'Europe

Pour montrer au tsar Nicolas
L'intérêt qu'elle lui témoigne
Par la mer elle lui envoie
Un bateau rempli de Champagne

À l'été mil huit cent dix-sept
Sous le règne de Louis XVIII
Sa fille épouse un grand poète
Mais comte et officier d'élite

Un an plus tard, notre héroïne
Est une radieuse grand-mère
Et pour prémunir la gamine
La veuve acquiert vignes et terres

Là, dans la Montagne de Reims
Ici, au Mesnil-sur-Oger
Un peu partout dans la province
Les meilleurs crus sont achetés

Dans les années mil huit cent-trente
Elle détient cinq cent hectares
Elle a multiplié ses ventes
Et acheté un vieux manoir

En mil huit cent quarante-neuf
Après sept années de travaux
Le manoir est refait à neuf
Et s'est transformé en château

C'est là que la veuve vient choir
Avec sa petite famille
Laissant sa vigne à Rochechouart
L'époux de sa petite-fille

On y donne de grandes fêtes
Et de grands dîners où se pressent
Gens de lettres, des arts, poètes
Politiciens et gens de presse

On y boit que de son champagne
Qui grise les plus fortes têtes
Et quand la maladie la gagne
Elle guérit d'une rincette

C'est dans ce château que la veuve
S'éteint doucement au grand âge
Je n'ai pas tout à fait la preuve
Que c'est grâce à son doux breuvage
 

Pièces jointes

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