OLIVIERW
Maître Poète
La troisième
Je n’arrive pas à dormir, mon esprit est en feu
Je fais un rêve horrible, un songe incroyable
Je suis assis sur mon lit et je regarde un miroir
Je vois un troisième bras qui me fait signe
Je me réveille en sueur, soulagé que la nuit soit finie
Je me lève, je passe devant ce fameux psyché
Horreur, la réalité est pire que le cauchemar
Un nouveau membre est là à côté des deux autres
Je tourne la main de l’intrus, une bouche me sourit
Je crie de peur, sus-je en train de devenir fou ?
La dextre et la senestre sont figées, ne bougent pas
Celle du milieu me parle, veut me rassurer
Elle se présente comme la création de mon cerveau
Elle n’est pas là pour me porter préjudice, au contraire
Elle apparaîtra seulement si j’exprime le désir
Elle remplacera si besoin mes deux mains d’écrivain
La troisième main
Au début je refuse de lui confier le moindre geste
Je préfère m’abstenir plutôt que lui donner raison
Elle me réclame un crayon, du papier, je refuse net
Je ne veux pas connaître ce dont elle est capable
Une nuit je m'endors le cahier ouvert devant moi
Au réveil plusieurs pages sont noircies d'une même encre
Les mots sont les miens, pourtant je ne les reconnais pas
Ils racontent une histoire que je n'ai jamais vécue
Les phrases parlent avec ma voix, utilisent mes silences
Elles vont plus loin que ce que j'aurais osé écrire
Je les relis sans savoir qui de nous les a pensées
Et je signe des textes dont je doute d'être l'auteur
Elle écrit sans fatigue, dépasse mes propres limites
Je la laisse faire quand les idées viennent à manquer
Elle ne fait jamais de faute, j'ai seulement une crainte
Le jour où elle n'aura plus besoin de moi
C’était la troisième
Un matin je prends la plume avant qu'elle ne se réveille
Je veux prouver que je peux encore écrire sans son aide
Mais mes vraies mains sont paralysées, elle les contrôle
La page reste blanche malgré mes efforts surhumains
Ses doigts bougent pendant que les miens restent immobiles
Elle écrit des vers que je n'ai jamais voulu produire
Pourtant chaque mot ressemble à ceux qui vivent dans ma tête
Comme si elle connaissait mes pensées avant qu'elles arrivent
Je voudrais la rejeter, retrouver mes anciennes habitudes
Mais sans elle mes cahiers restent vides et sans avenir
Elle termine mes textes mieux que je n'aurais su le faire
Et je commence à craindre celui qui tient réellement la plume
Je ne sais plus si elle est une partie de moi ou une étrangère
Je regarde mes mains chercher encore leur ancienne liberté
Je ne peux plus supporter ce troisième appendice
Je saisis une hache et sans hésiter je tranche dans le vif
Je n’arrive pas à dormir, mon esprit est en feu
Je fais un rêve horrible, un songe incroyable
Je suis assis sur mon lit et je regarde un miroir
Je vois un troisième bras qui me fait signe
Je me réveille en sueur, soulagé que la nuit soit finie
Je me lève, je passe devant ce fameux psyché
Horreur, la réalité est pire que le cauchemar
Un nouveau membre est là à côté des deux autres
Je tourne la main de l’intrus, une bouche me sourit
Je crie de peur, sus-je en train de devenir fou ?
La dextre et la senestre sont figées, ne bougent pas
Celle du milieu me parle, veut me rassurer
Elle se présente comme la création de mon cerveau
Elle n’est pas là pour me porter préjudice, au contraire
Elle apparaîtra seulement si j’exprime le désir
Elle remplacera si besoin mes deux mains d’écrivain
La troisième main
Au début je refuse de lui confier le moindre geste
Je préfère m’abstenir plutôt que lui donner raison
Elle me réclame un crayon, du papier, je refuse net
Je ne veux pas connaître ce dont elle est capable
Une nuit je m'endors le cahier ouvert devant moi
Au réveil plusieurs pages sont noircies d'une même encre
Les mots sont les miens, pourtant je ne les reconnais pas
Ils racontent une histoire que je n'ai jamais vécue
Les phrases parlent avec ma voix, utilisent mes silences
Elles vont plus loin que ce que j'aurais osé écrire
Je les relis sans savoir qui de nous les a pensées
Et je signe des textes dont je doute d'être l'auteur
Elle écrit sans fatigue, dépasse mes propres limites
Je la laisse faire quand les idées viennent à manquer
Elle ne fait jamais de faute, j'ai seulement une crainte
Le jour où elle n'aura plus besoin de moi
C’était la troisième
Un matin je prends la plume avant qu'elle ne se réveille
Je veux prouver que je peux encore écrire sans son aide
Mais mes vraies mains sont paralysées, elle les contrôle
La page reste blanche malgré mes efforts surhumains
Ses doigts bougent pendant que les miens restent immobiles
Elle écrit des vers que je n'ai jamais voulu produire
Pourtant chaque mot ressemble à ceux qui vivent dans ma tête
Comme si elle connaissait mes pensées avant qu'elles arrivent
Je voudrais la rejeter, retrouver mes anciennes habitudes
Mais sans elle mes cahiers restent vides et sans avenir
Elle termine mes textes mieux que je n'aurais su le faire
Et je commence à craindre celui qui tient réellement la plume
Je ne sais plus si elle est une partie de moi ou une étrangère
Je regarde mes mains chercher encore leur ancienne liberté
Je ne peux plus supporter ce troisième appendice
Je saisis une hache et sans hésiter je tranche dans le vif