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La Terza-rima, forme fixe (creadico continu).

CREADICO

Nouveau poète
Terza-rima
1 - définition, formes et schèmes

* La Terza-Rima (ou Tierce-rime), poème d'origine italienne, fut introduite en France au début du XVIè siècle, puis elle fut presque abandonnée aux deux siècles suivants. Les poètes du XIXè siècle la reprirent pour la mieux " cultiver "..
+ Cette structure métrique dut être employé par Dante Alighieri dans sa "Divina Commedia "

* La Terza-Rima s'écrit en tercets ( sans nombre défini ) et se termine par un vers isolé qui rime avec le second du dernier tercet ; d'où les deux schèmes :

A – Deux rimes masculines embrassant une rime féminine qui est reprise au deuxième tercet pour embrasser une rime masculine nouvelle qui, au troisième tercet, embrassera à son tour une nouvelle rime féminine, et ainsi de suite...
(T = tercet, M = rime masculine, F = rime féminine) / ex. pour 4 tercets + 1 vers isolé

Sur le topique.


Le principe de la terza est d'utiliser des tercets. Les rimes sont particulières dans cette forme :

ABA
BCB
CDC
DED
[...]


En fait la rime du deuxième vers, sera repris dans le premier et le troisième vers de la strophe qui suit. (SAKANA)

Presque ça, le nombre de tercet est indéterminé,
Il faut alterner les rimes féminines et masculines elles sont différentes à chaque tercet
suivant la formule ou inversement ;


A rime fémine........A rime masculine
B rime masculine...B rime féminine.
A rime féminine.......A rime masculine.


B masculine............B rime féminine (même rime en B premier tercet)
C féminine...............C rime masculine (la rime change)
B masculine.............B même rime féminine (même rime)


C f ou m suivant la combinaison du premier tercet.
D
C même rime avec C au tercet du dessus.


D dernier et seul vers rime avec celui de D (même rime que D du tercet final)
ainsi de suite jusqu'à un seul vers rimant avec le tercet final sur le vers médian soit
D (dernier vers soit de rime féminine ou masculine selon le nombre de tercet et comment la première strophe à débuter.)


Avez-vous tous compris ? (TIERAM)

Oh et si je me trompe pas le nombre de tercet doit être impair aussi, non ?(SAKANA)

Aucune importance, nombre de tercet indéterminé, donc soit pair ou impair (TIERAM).

Exemple ;

La comédie de la mort,

de

Théophile Gautier


(1811-1872)

Quand Michel-Ange eut peint la chapelle Sixtine,
Et que de l’échafaud, sublime et radieux,
Il fut redescendu dans la cité latine,

Il ne pouvait baisser ni les bras ni les yeux ;
Ses pieds ne savaient pas comment marcher sur terre ;
Il avait oublié le monde dans les cieux.

Trois grands mois il garda cette attitude austère ;
On l’eût pris pour un ange en extase devant
Le saint triangle d’or, au moment du mystère.

Frère, voilà pourquoi les poètes, souvent,
Buttent à chaque pas sur les chemins du monde ;
Les yeux fichés au ciel, ils s’en vont en rêvant.

Les anges secouant leur chevelure blonde,
Penchent leur front sur eux et leur tendent les bras,
Et les veulent baiser avec leur bouche ronde.

Eux marchent au hasard et font mille faux pas ;
Ils cognent les passants, se jettent sous les roues,
Ou tombent dans des puits qu’ils n’aperçoivent pas.

Que leur font les passants, les pierres et les boues ?
Ils cherchent dans le jour le rêve de leurs nuits,
Et le jeu du désir leur empourpre les joues.

Ils ne comprennent rien aux terrestres ennuis,
Et, quand ils ont fini leur chapelle Sixtine,
Ils sortent rayonnants de leurs obscurs réduits.

Un auguste reflet de leur œuvre divine
S’attache à leur personne et leur dore le front,
Et le ciel qu'ils ont vu dans leurs yeux se devine.

Les nuits suivront les jours et se succéderont,
Avant que leur regard et leur front ne s’abaissent,
Et leurs pieds, de longtemps, ne se raffermiront.

Tous nos palais sous eux s’éteignent et s’affaissent ;
Leur âme à la coupole où leur œuvre reluit,
Revole, et ce ne sont que leurs corps qu’ils nous laissent.

Notre jour leur paraît plus sombre que la nuit ;
Leur œil cherche toujours le ciel bleu de la fresque,
Et le tableau quitté les tourmente et les suit.

Comme Buonarroti, le peintre gigantesque,
Ils ne peuvent plus voir que les choses d’en haut,
Et que le ciel de marbre où leur front touche presque.

Sublime aveuglement ! Magnifique défaut !



seconde explication si besoin ;
(T = tercet, M = rime masculine, F = rime féminine) / ex. pour 4 tercets + 1 vers isolé
T1 =...............................M1
......................................F1
.....................................M1

T2 .................................F1
.....................................M2
....................................F1

T3 =...............................M2
....................................F2
....................................M2

T4 = ..............................F2
....................................M3
......................................F2

+.......................................M3


B - Deux rimes féminines embrassant une rime masculine qui est reprise au deuxième tercet pour embrasser une rime féminine nouvelle qui, au troisième tercet, embrassera à son tour une nouvelle rime masculine, et ainsi de suite...
(T = tercet, M = rime masculine, F = rime féminine) / ex. pour 4 tercets + 1 vers isolé

T1 =..............................F1
.....................................M1
....................................F1

T2 =..............................M1
....................................F2
...................................M1

T3 =..............................F2
....................................M2
....................................F2

T4 = .............................M2
....................................F3
.....................................M2

+......................................F3


Les informations trouvées puis énoncées ont été élaborées par un administrateur
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Terza sur une idée de Sakana et l'aide de Maria-Dolores;

Poussière esseulée,

Depuis une lucarne, un monde extérieur,
Luit car il est baigné dans cette lumière,
Tandis que je sombre en mon for intérieur,


Ma chambre meurtrie envahie de poussière,
Engloutie les rayons, tel un monstre affamé,
Ouvrant sur une aura bien triste et meurtrière,


Ce qui me sert au souffle est du jour renfermé,
De ce que fut la ruine ; Ô ! Terre ensoleillée,
Un lieu blême en mon cœur à présent inhumé,


Ma misère odieuse est-elle réveillée !
Elle a plongé mon âme et dans l’obscurité,
J’erre dans cette pièce en quiétude endeuillée.


Je me suis débarrassée en sa pluralité,
De sentiments, consciences ; Que de lourdeurs !
Pourquoi nous mettons-nous, même en vassalité?


Que faut-il s’encombrer de toutes nos erreurs ?
Sans cesse nous finissons, là par être trahies,
Faisons des sentiments que fades bégayeurs.


Ne voyant que l’ivresse où ses notes flétries.
 
Interressant, très interressant! Et une variante ne consisterait-elle pas à terminer par un tercet dont la rime centrale est (ou rime avec) le premier vers du poème?
 
Merci pour tes explications toujours fort intéressantes...Lys
 
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