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La soie du silence

rivière

Maître Poète
La soie du silence

L’aurore se lève lentement dessus Paris,
la clarté pavoise la Seine et l’île de la Cité,
les vaisseaux d’ailes des oiselles montent
dans les les cieux d’azur, planent,

puis redescendent dans les reflets de Gloire.
Je chemine vers toi, ô ma Sirène, mon amante,
seule la mélopée de mes escarpins sur les pavés
brise la soie du silence,

je viens à ta rencontre, toi qui dors encore,
en robe de nudité, sur l’ivoire de ta couche,
l’empire de mes seins pigeonnants et lourds,
exempts de toute attache, et la corolle de ma Fourrure

que tes paumes aiment à explorer et à câliner
te réclament sans cesse, toi qui m’as quittée
un soir de novembre, alors que je travaillais encore.
Je te veux, je t’implore, prends-moi, je t’en supplie,

je ne dormais plus depuis ton départ,
j’allais à tout instant dans notre armoire,
respirer les porte-jarretelles que tu as laissés,
j’ai trouvé voilà peu l’adresse de ton hôtel,

j’ai décidé de m’y rendre cette nuit.
Mes bas de soie brillent maintenant, je me rapproche
de toi, tes mains de volupté écloront en ta présence
la soif de mon Désir irrité,

mon ventre me brûle, mon front devient moite,
l’or de mon Impudeur exige
la Splendeur de ta Chair contre la ferveur de ma virginité,
je me rapproche de toi, bientôt, je monterai en ta chambre,

je te rejoindrai, libertine, et dépouillée de tout vêtement,
tu me posséderas, je sangloterai des sonnets de rut
quand jaillira le lait de ma Jouissance,
tu le boiras, et je serai Tienne à jamais !

Sophie Rivière

 
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