Pierrotlalune
Nouveau poète
La romance du petit chalet en bois rond (partie 3)
J'entrouvre la porte lentement de ce petit château, mon château, tout de bois en rondeau, cet espace qui représente l'endroit ou je forme mes convictions pour arriver à profiter pleinement de tous ce qui effleure mes pensées et n'y reste le temps que dure la seconde avant celle suivante.
Tu peux laisser les apparats de neige que tu as aux pieds sur le petit tapis qui arbore l'avant de la porte, premier endroit avant de pouvoir se laisser envahir par le reste de cet intérieur entrecoupé de pénombre et de lumière tamisée afin de ne pas interrompre trop brusquement le passage de l'état dehors à l'état de calme qu'inspire ce lieu que j'ai voulu de repos.
Avant d'aller plus au delà, ferme les yeux et respire cette chaleur.
Ce que tu ne sais pas c'est qu'en fermant les yeux c'est moi qui pouvait admirer ta figure à moitié teintée de rougeur par l'excès de fraîche et à moitié teintée de blanc par les endroits qui par notre hérédité ont l'habitude des écarts de mercure que la vie nous impose par les interstices des saisons qui se chevauchent et se succèdent depuis la nuit des temps.
Je suis tant et tant tellement épris de toi. Mon silence momentané et volontaire en prouve la profondeur mais aussi l'évidence de ce que tu es par ta simplicité et par ton naturel que tu laisses transparaître sans t'apercevoir et sans même le vouloir en ton âme et conscience.
Du dos de ma main, et je t'en remercie, car tu me laisses caresser ta joue rosée qui passe du tempéré au brûlant sous l'effet de ma peau chimiquement devenu une extension de mes désirs qui s'immole devant le feu de ton charisme que j'ai par de vers toi.
De ma main sur ton épaule, je m'attarde le temps de te dire que tu peux rouvrir les yeux.
Je te laisse le soin de regarder ce qui sera notre endroit pour ces trois prochains jours, ceux ou on vivra ensemble des moments qui j'espère te conviendront et dont nous partageront ceux que par la suite nous n'oublierons que si on les remplace par d'autres que nous aurons vécus par la suite.
Je sais que tu penses comme moi et que toi aussi tu cherches le bonheur dans les choses vraies et simples, celles qui pourront durer ou qui se transformeront sans grand fracas, dans la douceur, celle dont nous avons besoin alors que, comme dans la vie, l'important pour cette période de vacances de nos sentiments n'est pas ce que nous avons vécu jusqu'à maintenant mais ce que nous allons vivre. C'est une morale qui est toujours vrai d'ailleurs pour faire fit de douleurs que nous n'arrivons pas parfois à faire décroître ni facilement ni complètement.
Tu peux voir que tout est dans une pièce incluant presque même la petite salle de bain séparée du reste par un simple rideau sur les trois cotés pour conserver lorsque possible la chaleur de la baignoire sur pattes lorsque je désire me soustraire rapidement et en entier au temps très froid qui sévit ou au surplus de fatigue accumulée lorsque je dois vaquer à mes petites besognes comme aller fendre le bois ou m'assurer du bon état de tout ce qui pourrait enfreindre l'ambiance paisible que je cherche à produire en tout temps.
J'ai acquis ce petit bout de paix pour une bouchée de pain d'un ancien ermite, un peu comme moi, dont la santé commençait à flancher dangereusement mais dont les soins maintenant requièrent une surveillance constante dans un endroit pour malade autonome mais avec des douleurs chroniques. Je lui avais payé ce qu'il me demandait mais en plus je lui avais payé tout ce qu'il fallait pour qu'il vive bien là-bas car il n'avait pas de famille pour s'occuper de lui. Je lui devais bien ça pour le prix dérisoire qu'il demandait pour ici. C'est par une annonce dans le journal que j'avais fait connaissance avec lui. Nous étions restés en contact mais voilà bientôt 4 ans qu'il a quitté ce monde pour un autre qu'on dit meilleur.
Avant de continuer et que je te raconte ce qu'il y a ici et la petite histoire de tout ce qui s'y trouve, je vais aller ajouter une bûche au feu que je vais aller chercher dehors et faire chauffer de l'eau pour qu'on se réchauffe rapidement par la décoction d'une eau de feuilles de cèdre. Tu verras c'est très bon, ça réchauffe et ça calme pour bien profiter de chacune des secondes que la nature nous donne de façon si gratuite et si intense.
Retire ton manteau et assis-toi près du feu et attend-moi un instant. Je reviens vite. Ne t'inquiète pas. Ne t'ennuie pas trop de moi et j'en ferai autant de toi. Promis !
(À suivre...)