Eléâzar
Maître Poète
Inhumaine beauté dont l'humeur insolente
En méprisant mes vœux se rit de ma langueur,
Je veux convaincre ici ton ingrate rigueur
Par les vifs arguments d'une raison sanglante.
Ces vers sont de ma flamme une preuve évidente,
Et tous ces traits de pourpre en font voir la grandeur,
Cruelle, touche-les pour en sentir l'ardeur,
Cette écriture fume, elle est encore ardente.
Vois nager dans le sang mes esprits désolés :
Pour apaiser ta haine ils se sont immolés
D'une dévotion qui n'eut jamais d'exemple.
Et si près de mon cœur il en est demeuré,
C'est afin seulement de conserver le temple
Où ton divin portrait est toujours adoré.
François Tristan L'HERMITE
1 601 - 1 655
En méprisant mes vœux se rit de ma langueur,
Je veux convaincre ici ton ingrate rigueur
Par les vifs arguments d'une raison sanglante.
Ces vers sont de ma flamme une preuve évidente,
Et tous ces traits de pourpre en font voir la grandeur,
Cruelle, touche-les pour en sentir l'ardeur,
Cette écriture fume, elle est encore ardente.
Vois nager dans le sang mes esprits désolés :
Pour apaiser ta haine ils se sont immolés
D'une dévotion qui n'eut jamais d'exemple.
Et si près de mon cœur il en est demeuré,
C'est afin seulement de conserver le temple
Où ton divin portrait est toujours adoré.
François Tristan L'HERMITE
1 601 - 1 655