benoit la plume
Maître Poète
LA MÈRE MAQUERELLE
C’est avec lui qu’elle est partie,
Le beau parleur, le beau hâbleur.
Il avait tant de répartie
En repartant toujours à l’heure.
Elle le suivit jusqu’au Midi,
Ecumant les borgnes hôtels.
Elle lui jura en bikini
Un amour fol et éternel.
Il prenait tout, ne donnait rien,
Mais avec lui elle a appris
Qu’avec le style rabelaisien
Qui croyait prendre est souvent pris.
Elle peaufina son tour de main
Sur la Canebière et à Menton,
Passant de la traque aux pingouins
A celle des fauves et des faucons.
Tout vient à point quand sonne l’heure.
Bientôt volant de ses deux ailes,
Elle déposa son beau parleur
Sur un couvercle de poubelle,
Lui expliquant dans une lettre
Qu’il fut sans doute bon professeur,
Mais quand l’élève dépasse le maître
Il doit tuer son souteneur.
Elle entama son temps de gloire
De Washington jusqu’à Hawaï.
Dans les alcôves du pouvoir
Elle installa une belle pagaïe.
Les politiques, les militaires,
Les religieux, les sans aveux,
Les gens de banque, les hommes d’affaires,
Elle les fit tous grimper aux cieux.
Rien de nouveau sous le soleil,
Le fric, le cul, les beaux discours.
Elle se fit un paquet d’oseille
En régentant leurs arrière-cours.
Mais la vie n’est qu’un toboggan,
Dur à grimper, vite dévalé.
Ses charmes soufflées aux quatre vents,
Son beau commerce fut dévasté.
L’histoire serait d’une tristesse
A faire gémir, à faire vomir,
S’il n’était dit que la vieillesse
N’est pas toujours égale au pire.
La belle a su bien rebondir.
On l’a retrouvée à Tanger
En mère maquerelle au teint de cire
Dans un bordel pour étrangers.
Et les notables souvent y viennent
Pour consommer à pleines fesses
Des belles, des jeunes, des Parisiennes
Et des Bretonnes venues de Brest.
C’est avec lui qu’elle est partie,
Le beau parleur, le beau hâbleur.
Il avait tant de répartie
En repartant toujours à l’heure.
C’est avec lui qu’elle est partie,
Le beau parleur, le beau hâbleur.
Il avait tant de répartie
En repartant toujours à l’heure.
Elle le suivit jusqu’au Midi,
Ecumant les borgnes hôtels.
Elle lui jura en bikini
Un amour fol et éternel.
Il prenait tout, ne donnait rien,
Mais avec lui elle a appris
Qu’avec le style rabelaisien
Qui croyait prendre est souvent pris.
Elle peaufina son tour de main
Sur la Canebière et à Menton,
Passant de la traque aux pingouins
A celle des fauves et des faucons.
Tout vient à point quand sonne l’heure.
Bientôt volant de ses deux ailes,
Elle déposa son beau parleur
Sur un couvercle de poubelle,
Lui expliquant dans une lettre
Qu’il fut sans doute bon professeur,
Mais quand l’élève dépasse le maître
Il doit tuer son souteneur.
Elle entama son temps de gloire
De Washington jusqu’à Hawaï.
Dans les alcôves du pouvoir
Elle installa une belle pagaïe.
Les politiques, les militaires,
Les religieux, les sans aveux,
Les gens de banque, les hommes d’affaires,
Elle les fit tous grimper aux cieux.
Rien de nouveau sous le soleil,
Le fric, le cul, les beaux discours.
Elle se fit un paquet d’oseille
En régentant leurs arrière-cours.
Mais la vie n’est qu’un toboggan,
Dur à grimper, vite dévalé.
Ses charmes soufflées aux quatre vents,
Son beau commerce fut dévasté.
L’histoire serait d’une tristesse
A faire gémir, à faire vomir,
S’il n’était dit que la vieillesse
N’est pas toujours égale au pire.
La belle a su bien rebondir.
On l’a retrouvée à Tanger
En mère maquerelle au teint de cire
Dans un bordel pour étrangers.
Et les notables souvent y viennent
Pour consommer à pleines fesses
Des belles, des jeunes, des Parisiennes
Et des Bretonnes venues de Brest.
C’est avec lui qu’elle est partie,
Le beau parleur, le beau hâbleur.
Il avait tant de répartie
En repartant toujours à l’heure.