La haute voltige...
Lorsque je lève les yeux, revient le souvenir d'un rêve...
Celui de mes quinze ans, un rêve qui hantait mes nuits.
Au ciel d'un immense chapiteau, se balançait sans trêve,
Une trapéziste évoluant dans les airs, très loin du bruit...
j'aurais tant aimé avoir ce corps de reine couverte d'or,
Ce corps galbé, athlétique respirant la grâce et la force,
Qui d'un bond précis tournoyait en l' air, défiant la mort,
Autrefois sans filet, explosion corporelle sans amorce...
Oui, j'aurais aimé dessiner de belles et célestes arabesques,
Sous les bravos d'une foule retenant un souffle, l’œil tourné
Vers ce vaste ciel terrestre en forme d'étoile gigantesque...
Fendre les airs dans ces merveilleux collants d'or brodés...
Comme cela doit être grisant cet instant ; pouvoir voler,
S'unir au vide, le frisson chevillé au corps et l'âme perdue
En un monde tout à coup prêt à vous ouvrir cette entrée...
Mystérieuse sensation, posséder la clé magique des nues...
Pour beaucoup, ce métier est parcours de saltimbanques...
Saltimbanques aux os assouplis, à l'âme forte si bien trempée.
Peut-être ne sait-on pas que dès l'enfance leur seule banque,
Est la sueur de leur corps, répandue à l'école de la volonté...
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