AnneLemer
Nouveau poète
Quand les paroles crachent, Et que tes oreilles sifflent, Que même les prières Ne te console pas, Que les anciens barrages, S’effondrent sous le poids De l’injustice terrible Qui ne tombe que sur toi. Quand ta peau qui s’arrache, Qui ne veut plus de toi, De toi qui ne veut plus De ce corps misérable, De l’insolence barbare, Qui s’acharne sur toi, Comme un couteau limé Une lame acérée, Remuant dans la plaie Tes souffrances et tes peurs. La Haine tu la sens. Elle bouillonne si fort Que c’est comme un torrent Qui frémit, qui se tord, Attendant patiemment Que coule enfin le sang. Il suffit d’une blessure Qui mette fin au calme, De la moindre éraflure Attisant la rancœur. Ecoutant le tourment, La Haine s’en est parée, Tel un feu fulgurant, Et puis l’a transformé. C’est maintenant un monstre, Un diable équivoque, Un être dénué D’amour et de tendresse. Il se réduit en loque, Et nous cloue au piquet. On ne voit dans ses yeux Que colère et mépris, Puis il ressert l’étau Au gibet de la Haine. Lui qui s’impatientait, Dont l’explosion des veines Ne devait plus tarder, Respire enfin l’air frais, Savoure avidement, Sa liberté volée.