al1oulautre
Nouveau poète
Les soirs de novembre
du haut du mont Ventoux
quand le Mistral se prend
pour le vent du Grand Nord,
ivre de violence,
imbu de sa victoire
sur ce dernier rempart,
comme l'ultime obstacle
à son combat final
entre lui et la mer,
avide de vengeance
à rétablir la souveraineté perdue
d'avant le commencement des Temps
de la Terre sur les Flots !
Et méprisant de haine
cette plaine de marais
et ses menus roseaux
pourtant tendre promesse
d'un compromis de Paix
entre ces deux royaumes en guerre,
litige d'héritage
de l'oeuvre de la Création !
Puis telle une horde barbare
dévalant la montagne
sans que puisse l'herbe
jamais plus repousser là
où montures auront posé leurs pas,
en chevauchant le Rhône
et brandissant son glaive,
bavant de jouissance
à toujours faire la guerre,
au fantasme d'à jamais
soumettre à l'esclavage
cette plaine sans défense,
ce pays de Camargue
qui avait essayé
entre la Terre et l'Eau
de rétablir la Paix !
Sans l'ombre de pitié
à ralentir son pas,
car impatient d'orgueil
à faire ténèbres
avant même que la nuit soit
sur cette écrin sauvage
temple de la Nature,
qui du vent comme ravivant la haine
par ses airs de jardin de l'Eden
tout juste sorti des eaux,
tenant des Cieux sa grandeur
de par son humilité
au service de la Vie !
Et déjà les taureaux
par avance de noir se sont vêtus
pour porter à jamais
de cette terre le deuil !
Et l'orgie du carnage
assoiffant les envies
de sang frais du grand fleuve
pour qu'à son tour aussi
de rage, par désir de puissance
il sombre dans l'oubli
de l'hospitalité de cette terre
à toujours avoir été
comme le dernier refuge
pour ses flots éperdus
épris de Liberté !
Et même l'Infini
des abîmes océanes
devant tant de haine violente
commençant à douter
pour cette fois encore
parvenir à dompter
cette folle folie furieuse
pour que Libre à jamais
puisse rester la Mer,
telle que Dieu l'a créée !
Alors même le silence se tait
d'une attente angoissée
à presque savoir déjà
que ce crime au Mal seul
ne peut que profiter !
Abandonnant d'être
Silence de Liberté
comme don de La Nature
pour devenir celui
d'une tombe, d'un cimetière,
le silence de mort
du labour d'une terre
meurtrie de ses propres sillons,
profonds, ensanglantés,
de ses drailles(1) défigurées
comme autant
de suppurantes plaies
que du vent et du fleuve
la colère en a fait !
Le Silence du désert,
mais sauf à Canavère,
où l'on entend encore
comme un peu de musique,
compagnon d'une danse,
au son des fifres de Provence,
une farandole,
telle une ronde cévenole,
qui avait fait hasard
d'unir deux mains
au sortir de l'adolescence,
Elle et Louis,
s'échappant du destin
de cette ronde joyeuse,
sans se lâcher la main,
à poursuivre leur danse
jusqu'au bout du chemin
à traverser la vie
sans douter l'un de l'autre
sans trouver le temps long
on dit même que deux vies
à terminer leur danse
n'y aurait pas suffi !
Et avec les années
pour la rendre plus gaie
juste à y rajouter
deux garçons et une fille
puis des petits-enfants
qui depuis ont grandi !
Pourtant l'obligeant au sursis
en terre de Canavère
quand hospitalité
il y avait à faire,
car elle est Loi ici,
faisant toujours en sorte
que le respect du père
soit engagement de Vie,
étant presque devise
que soit l'hospitalité
et après seulement
se remettre à danser !
Si tu n'as que violence
comme compagnon de route
à passer ton chemin,
si c'est Amitié en devenir
la table déjà est mise !
Le riz en ces jours est fragile,
délicat équilibre de la Vie
l'épi de grains si lourd
si frêle étant la tige,
et plus que tout autre
fruit de l'Union des Opposés
pour le bonheur des hommes
à apaiser leur faim.
Fils de l'Eau et de la Terre
et comme l'enfant
de l'Amour de la mère ou du père
ne sachant dire des deux
auquel plus Reconnaissant il est !
Alors sans même les juger
au grand fleuve et au vent
humblement il leurs fut demandé
de Bien vouloir à côté
des rizières passer
pour ne point blesser la moisson !
On raconte sans savoir si c'est vrai
que le vent et le fleuve,
à ces mots, humains redevenus,
auraient entrepris
comme deux pas de travers
plutôt deux pas de danse,
jetant à l'oubli des roubines (2)
leur envie de conquête,
leur excès de colère,
juste aux portes d'un mas
du nom de Canavère,
puis à table s'être trés bien tenus,
faut dire que le repas fut copieux
tout comme à l'habitude,
juste qu'ayant un peu trop
abusé du rosé,
s'en retournant chez eux
se seraient amusés
à bousculer un peu
les rondes, les farandoles
au delà même
les frontières espagnoles
justes pour savoir
des cavalières, cavaliers
avec quelle force d'Amour
leurs mains étaient serrées !
Et s'il est encore de nos jours
des soirs de grand vent
ou de colère du fleuve,
point ce n'est pour faire guerre,
mais hurler leur prière
que puisse en cette terre
l'Hospitalité toujours rester Loi !
(1) draille : mot issu des dialectes occitans utilisés par les éleveurs de bétail des montagnes du Midi de la France pour désigner le chemin de transhumance
(2) roubine : un petit canal d'irrigation ou d'assainissement, terme employé dans le Sud-Est de la France, en Camargue notamment.
du haut du mont Ventoux
quand le Mistral se prend
pour le vent du Grand Nord,
ivre de violence,
imbu de sa victoire
sur ce dernier rempart,
comme l'ultime obstacle
à son combat final
entre lui et la mer,
avide de vengeance
à rétablir la souveraineté perdue
d'avant le commencement des Temps
de la Terre sur les Flots !
Et méprisant de haine
cette plaine de marais
et ses menus roseaux
pourtant tendre promesse
d'un compromis de Paix
entre ces deux royaumes en guerre,
litige d'héritage
de l'oeuvre de la Création !
Puis telle une horde barbare
dévalant la montagne
sans que puisse l'herbe
jamais plus repousser là
où montures auront posé leurs pas,
en chevauchant le Rhône
et brandissant son glaive,
bavant de jouissance
à toujours faire la guerre,
au fantasme d'à jamais
soumettre à l'esclavage
cette plaine sans défense,
ce pays de Camargue
qui avait essayé
entre la Terre et l'Eau
de rétablir la Paix !
Sans l'ombre de pitié
à ralentir son pas,
car impatient d'orgueil
à faire ténèbres
avant même que la nuit soit
sur cette écrin sauvage
temple de la Nature,
qui du vent comme ravivant la haine
par ses airs de jardin de l'Eden
tout juste sorti des eaux,
tenant des Cieux sa grandeur
de par son humilité
au service de la Vie !
Et déjà les taureaux
par avance de noir se sont vêtus
pour porter à jamais
de cette terre le deuil !
Et l'orgie du carnage
assoiffant les envies
de sang frais du grand fleuve
pour qu'à son tour aussi
de rage, par désir de puissance
il sombre dans l'oubli
de l'hospitalité de cette terre
à toujours avoir été
comme le dernier refuge
pour ses flots éperdus
épris de Liberté !
Et même l'Infini
des abîmes océanes
devant tant de haine violente
commençant à douter
pour cette fois encore
parvenir à dompter
cette folle folie furieuse
pour que Libre à jamais
puisse rester la Mer,
telle que Dieu l'a créée !
Alors même le silence se tait
d'une attente angoissée
à presque savoir déjà
que ce crime au Mal seul
ne peut que profiter !
Abandonnant d'être
Silence de Liberté
comme don de La Nature
pour devenir celui
d'une tombe, d'un cimetière,
le silence de mort
du labour d'une terre
meurtrie de ses propres sillons,
profonds, ensanglantés,
de ses drailles(1) défigurées
comme autant
de suppurantes plaies
que du vent et du fleuve
la colère en a fait !
Le Silence du désert,
mais sauf à Canavère,
où l'on entend encore
comme un peu de musique,
compagnon d'une danse,
au son des fifres de Provence,
une farandole,
telle une ronde cévenole,
qui avait fait hasard
d'unir deux mains
au sortir de l'adolescence,
Elle et Louis,
s'échappant du destin
de cette ronde joyeuse,
sans se lâcher la main,
à poursuivre leur danse
jusqu'au bout du chemin
à traverser la vie
sans douter l'un de l'autre
sans trouver le temps long
on dit même que deux vies
à terminer leur danse
n'y aurait pas suffi !
Et avec les années
pour la rendre plus gaie
juste à y rajouter
deux garçons et une fille
puis des petits-enfants
qui depuis ont grandi !
Pourtant l'obligeant au sursis
en terre de Canavère
quand hospitalité
il y avait à faire,
car elle est Loi ici,
faisant toujours en sorte
que le respect du père
soit engagement de Vie,
étant presque devise
que soit l'hospitalité
et après seulement
se remettre à danser !
Si tu n'as que violence
comme compagnon de route
à passer ton chemin,
si c'est Amitié en devenir
la table déjà est mise !
Le riz en ces jours est fragile,
délicat équilibre de la Vie
l'épi de grains si lourd
si frêle étant la tige,
et plus que tout autre
fruit de l'Union des Opposés
pour le bonheur des hommes
à apaiser leur faim.
Fils de l'Eau et de la Terre
et comme l'enfant
de l'Amour de la mère ou du père
ne sachant dire des deux
auquel plus Reconnaissant il est !
Alors sans même les juger
au grand fleuve et au vent
humblement il leurs fut demandé
de Bien vouloir à côté
des rizières passer
pour ne point blesser la moisson !
On raconte sans savoir si c'est vrai
que le vent et le fleuve,
à ces mots, humains redevenus,
auraient entrepris
comme deux pas de travers
plutôt deux pas de danse,
jetant à l'oubli des roubines (2)
leur envie de conquête,
leur excès de colère,
juste aux portes d'un mas
du nom de Canavère,
puis à table s'être trés bien tenus,
faut dire que le repas fut copieux
tout comme à l'habitude,
juste qu'ayant un peu trop
abusé du rosé,
s'en retournant chez eux
se seraient amusés
à bousculer un peu
les rondes, les farandoles
au delà même
les frontières espagnoles
justes pour savoir
des cavalières, cavaliers
avec quelle force d'Amour
leurs mains étaient serrées !
Et s'il est encore de nos jours
des soirs de grand vent
ou de colère du fleuve,
point ce n'est pour faire guerre,
mais hurler leur prière
que puisse en cette terre
l'Hospitalité toujours rester Loi !
(1) draille : mot issu des dialectes occitans utilisés par les éleveurs de bétail des montagnes du Midi de la France pour désigner le chemin de transhumance
(2) roubine : un petit canal d'irrigation ou d'assainissement, terme employé dans le Sud-Est de la France, en Camargue notamment.