La demande...
Nous partîmes loin du brouhaha de la ville
Et marchâmes longtemps l'un derrière l'autre,
Espérant atteindre quelque sommet tranquille,
Là où les chamois ne trouvent pas l'épeautre...
Un chalet modeste apparut dans les brumes,
Enfin le repos se profilait blanc et cotonneux,
Un étrange paradis perdu si loin des bitumes,
Sur les roches dressées en décor floconneux...
Le soleil fuyait la vallée et disparaissait déjà,
Nous entrâmes dans l'abri, un âtre de pierre
Attendait les bûches de sapin posées ça et là,
Mon ami brandit un briquet orné d'un lierre...
Avec quelques journaux, un petit fagot de bois,
Le feu, en un tour de main s'éleva dans l'âtre,
Quelques peaux de chèvres défiaient le froid,
Nous attirant vers les flèches d'or bleuâtres...
L'un contre l'autre, nous glissâmes peu à peu,
Vers un monde onirique, bercés par les vents
Accompagnant les doux crépitements du feu...
Le jour s'était éteint, sous une lune d'argent...
Au matin, nous partîmes vers les hauteurs
A la recherche de la douce fleur des neiges
Que dissimule la roche inondée de lueurs,
Là, où la nature vierge égrène ses arpèges...
Le chemin escarpé plongeait sur la vallée,
Le Printemps tardait, la terre s'impatientait...
Mais nous l'avions trouvé ce velours étoilé,
L’Edelweiss, ce trésor qui nous éblouissait...
Mon ami tendrement me souffla à l'oreille,
« Cher amour veux-tu devenir ma femme,
Devant Dieu, la nature et ses merveilles? »
Et mon oui, en écho répondit à sa flamme...
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