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La déchirure

jackharris

Nouveau poète

Lorsque le marin doit reprendre la mer pour plusieurs mois et qu'il doit s'arracher aux bras de celle qu'il aime, à cet instant le couple connaît une véritable déchirure. Voici donc un extrait du roman "Les deux coeurs".


LORIENT, le 23 Août 1960,

C’était le dernier jour, notre ultime sortie,
Nous avons eu bien peu, trop peu, d’intimité.
Je devais, ne serait-ce que par sympathie,
Aller voir les amis qui m’avaient tant aimé.
Ils étaient très émus en cette heure dernière
Et s’étaient réunis, tous, à cette occasion,
Pour présenter leurs vœux, un peu, à leur manière,
Dans le petit bistrot de la rue Fénelon.
J’y retrouvais le peintre et ami Jean Mingam
Entouré de sa femme et de ses trois enfants,
Il y avait aussi : Robert et Abraham,
Deux gaillards, deux colosses, ont eut dit des géants.
Béatrice, Cécille, Antoinette et François,
Claude, Camille et Pierre, et bien sûr le patron
Avec sa chère épouse qui, souventefois,
Omettait en parlant de murmurer mon nom.
" Mon enfant ", disait-elle, en ayant un sourire,
Et moi, je l’aimais fort, c’était ma confidente,
J’allais dans la cuisine où nous restions à rire,
Parler, nous amuser de façon innocente.
Nous avons passé là, des heures de gaieté
Bien que Maryse et moi cachions nos sentiments,
Dans nos rires perlait un brin de gravité
Mais aucun n’était dupe à sentir nos tourments.
Las !... les heures ont passé sans pouvoir nous défaire,
Sans échapper un rien de notre réunion,
Cette infortune-là nous dûmes nous y faire.
Lorsque arriva l’instant où, avec compassion,
Chacun vint apporter une marque affective,
Je m’effondrais d’un coup, le cœur trop douloureux,
Ma gorge desséchée et privée de salive
Arrêtant un sanglot qui montait, ténébreux.
La tenancière, alors, me saisit à l’épaule
Et me glissa ces mots pour me réconforter :
" Mon cher enfant, vois donc ce petit chat qui miaule,
" Il n’est qu’un orphelin qui ne sait où aller.
" Toi, tu vas nous quitter, rejoindre ton navire,
" Tu partiras demain pour un autre horizon,
" Je sais ce que tu vis et que ton cœur chavire
" Mais tu dois être fort et garder ta raison.
" Tu n’auras plus de crainte à te faire pour Maryse
" Nous veillerons sur elle jusqu’à ton retour,
" Si durant ton absence est peinée ta promise
" Qu’elle vienne nous voir. Je sais que votre amour
" Qui a bâti son nid et que j’ai senti naître
" A presque commencé au seuil de ce logis,
" Puis, je l’ai vu grandir, et mourir, et renaître
" Je ne veux pas qu’un jour il devienne un gâchis.
" Mon fils, sois un homme, tu te dois d’être brave,
" Prends ton destin en mains et affronte ton sort,
" Je sais, la lutte est rude et souvent l’on en bave,
" Mais tu as ma confiance et tu resteras fort.
" Allons, ne tremble pas et sèche cette larme
" Puis, si dans le malheur tu étais entraîné
" Pense à tous tes amis, et pense aussi au charme
" De ta belle Maryse, assise à mon côté.
" Encore un mot, mon fils, un mot à ton adresse
" Pierre va t’accompagner au seuil de l’arsenal,
" Maryse n’ira point, car cette maladresse
" Que tu prends pour du bien vous ferait trop de mal.
" Je sais ce que l’adieu peut avoir de pénible,
" Au lieu de l’au-revoir c’est le déchirement,
" Il me faut t’éviter que ça devienne horrible,
" Allez, dépêche-toi, tu n’as plus qu’un moment.
" Nous allons vous laisser un peu dans la cuisine
" Où vous pourrez, tranquilles, y faire vos adieux,
" Va mon fils, oui, va-t-en avec ta Colombine
" Puisque, dès à présent, votre temps est précieux."
Ce qui suivi après fut vraiment un enfer,
Maryse qui s’était accrochée à mon corps
Refusait de lâcher et je n’était pas fier
De devoir m’obliger à repousser son corps.
Pierre dû m’entraîner tandis que nos amis
S’occupaient de Maryse effondrée dans les pleurs
Notre amour en l’instant transformé en gâchis
Nous emportait, chacun, au musée des horreurs.


Cet extrait du roman "Les deux cœurs" va du vers 3185 au vers 3260
 
j'ai lu ,,,relu ,,,presque a m'identifier,,,,,
tres émouvant quel talent mon (ami)
que ta plume soit , et encore demain nous ravir
de tes doux et merveilleux écrit
++vote,,,,,,,,,,,papi,,,,,,,,guy
 
Superbe extrait de "ses deux coeurs", c'est un ravissement, un mélange de sentiments, simplement bravo Jack...
Gros bisous,
Maryse.
 
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