2MotsPourElle
Nouveau poète
Il court, il court…
Il court depuis des années.
Depuis qu’il a appris à marcher.
Lorsque sa mère le soutenait, ses petits bras en l’air,
Que ses jambes tremblotantes à peine le portaient,
Il tentait quand même de se mouvoir.
Lorsqu’un mauvais pas l’entrainait à terre,
Le visage crasseux, il se relevait,
Et repartait aussi vite.
Toujours il courait, il courait.
Plus grand, enfant, il n’a cessé d’avancer,
Son père parti, il a poursuivi,
Sans se retourner.
Il a appris, beaucoup appris.
Voyagé. Beaucoup voyagé.
Mais toujours la course.
L’important était dans le nombre, l’accumulation,
Voir le plus d’endroits possibles, dans un minimum de temps.
Prendre une photographie, rouler, repartir.
Une autre photo, figer le temps, puis rouler, rouler encore.
Sans prendre le temps.
Adulte, sur le même rythme de coureur de fond,
Il a poursuivi son effort.
Le chemin était droit, rectiligne.
Sans surprise.
Mais à 40 ans, ce fut l’accident. La déchirure.
Dans sa course, il a frappé contre un mur.
Il ne l’avait pas vu. Mais il était là devant lui.
Un haut mur. Le temps s’est arrêté, l’espace d’un instant.
Il s’est assis tout contre le mur, a regardé en arrière.
Et a commencé à réfléchir.
Que fais-je depuis ce temps ? Où vais-je, qui suis-je, en courant si vite ?
Un marathonien ? Ou un Homme ?
Un second choc retentit. Une jeune femme vient de se fracasser contre le mur.
Hébêtée, elle s’effondre le long du mur.
Elle s’interroge, interroge son voisin.
Pourquoi êtes-vous là ? Pourquoi ce mur ?
Qu’y a –t-il derrière ?
Le temps est aux fracas silencieux, aux repos perturbés.
Leurs temps s’unissent, leur course ne reprendra pas.
Ils poursuivront ensemble, côte à côte,
D’un bon pied, mais en marchant,
L’un pour l’autre, l’un par l’autre,
Enlacés dans l’infini du temps qui passe.
Serait-ce donc cela le bonheur ?
Contempler le temps qui passe,
Profiter de l’instant présent,
Plutôt que tenter de le distancer ?
L’homme perd sa vie à courir le monde à la recherche du Bonheur,
Alors qu’il est là, à portée de mains, blotti, tout près de lui.
Il court depuis des années.
Depuis qu’il a appris à marcher.
Lorsque sa mère le soutenait, ses petits bras en l’air,
Que ses jambes tremblotantes à peine le portaient,
Il tentait quand même de se mouvoir.
Lorsqu’un mauvais pas l’entrainait à terre,
Le visage crasseux, il se relevait,
Et repartait aussi vite.
Toujours il courait, il courait.
Plus grand, enfant, il n’a cessé d’avancer,
Son père parti, il a poursuivi,
Sans se retourner.
Il a appris, beaucoup appris.
Voyagé. Beaucoup voyagé.
Mais toujours la course.
L’important était dans le nombre, l’accumulation,
Voir le plus d’endroits possibles, dans un minimum de temps.
Prendre une photographie, rouler, repartir.
Une autre photo, figer le temps, puis rouler, rouler encore.
Sans prendre le temps.
Adulte, sur le même rythme de coureur de fond,
Il a poursuivi son effort.
Le chemin était droit, rectiligne.
Sans surprise.
Mais à 40 ans, ce fut l’accident. La déchirure.
Dans sa course, il a frappé contre un mur.
Il ne l’avait pas vu. Mais il était là devant lui.
Un haut mur. Le temps s’est arrêté, l’espace d’un instant.
Il s’est assis tout contre le mur, a regardé en arrière.
Et a commencé à réfléchir.
Que fais-je depuis ce temps ? Où vais-je, qui suis-je, en courant si vite ?
Un marathonien ? Ou un Homme ?
Un second choc retentit. Une jeune femme vient de se fracasser contre le mur.
Hébêtée, elle s’effondre le long du mur.
Elle s’interroge, interroge son voisin.
Pourquoi êtes-vous là ? Pourquoi ce mur ?
Qu’y a –t-il derrière ?
Le temps est aux fracas silencieux, aux repos perturbés.
Leurs temps s’unissent, leur course ne reprendra pas.
Ils poursuivront ensemble, côte à côte,
D’un bon pied, mais en marchant,
L’un pour l’autre, l’un par l’autre,
Enlacés dans l’infini du temps qui passe.
Serait-ce donc cela le bonheur ?
Contempler le temps qui passe,
Profiter de l’instant présent,
Plutôt que tenter de le distancer ?
L’homme perd sa vie à courir le monde à la recherche du Bonheur,
Alors qu’il est là, à portée de mains, blotti, tout près de lui.