janu
Maître Poète
C’est moi qui avait baptisé ainsi cette course libre annuelle de Méaudre dans le Vercors et qui avait lieu la nuit. Pourquoi course libre ? Parce qu’avant que la course à pied sorte des stades et devienne la grande mode, ce parcours de 23km qui l’hiver fait partie des pistes de ski de fond de la station était une sortie à la marche ayant ensuite évolué. Nous avions un studio au dessus de Villard de Lans et venant y skier parfois l’hiver, j’appréciais cette course du début d’automne, avec sa différence totale des courses de jour : un cachet particulier. J’y venais tous les ans. Mais je vais vous emmener avec moi pour une seule raison : si je viens de la revivre c’est que Pierre un ami qui vient de nous quitter était là. Cet officier supérieur qui avait fait le plus clair de sa carrière sous l’uniforme des chasseurs Alpins, ces sportifs de montagne accomplis. Muté à Lyon en fin de carrière, pour perdurer dans la forme physique qui était sienne, il nous avait rejoint dans notre Amicale de coureurs à pied, devenue un vrai club structuré, avec le temps. Son fils résidant à Grenoble, il était ‘monté’ à Méaudre pour participer…Habituellement j’y étais seul du club Lyonnais, j’étais donc très heureux de sa présence ! En fait, comme dit, les choses ayant évolué avec le temps, trois parcours étaient proposés : 2 km sur route autour de la station, réservé aux gamins du plateau que cela amusait follement. Puis un parcours de 14 km et enfin le plus ancien, ‘le vrai’ pour nous avec ces 23 km où nous étions inscrits bien sûr ! Préparation habituelle : petits échauffements, à plat dans les alentours pour lutter surtout contre cette angoisse latente qui ne devrait pas être, vu que chez les vétérans la seule récompense est cette coupe et ces médailles par catégorie dont nous faisions semblant de faire fi…A 21 heures un peu passés, le coup de fusil tiré en l’air a libéré ces trois cent cents coureurs environ dont une centaine de gamins qui s’étaient tous faufilés au plus près de la ligne de départ ! Ils sont partis comme une volée de moineaux sur ces routes assez plates tout autour du village, donc aux environs des 1.050 m d’altitude, de cette station. Au bout d’un kilomètre Nous étions mélangés à beaucoup de ces gamins partis trop vite, et qui essoufflés s’arrêtaient, marchaient puis repartaient encore trop vite. Bref ! une foire d’empoigne où nous nous sommes retrouvés séparés Pierre et moi. Alors à son habitude aussi, il s’est laissé gagner par l’ambiance et s’est perdu vers l’avant…Pierre avait dix ans de moins que moi, et à son arrivée au club, mes conseils d’entraîneur avaient été de l’amener comme bien d’autres, à se dominer et répartir son allure en course, en fonction du kilométrage, car un départ trop rapide c’est une accumulation excessive d’acide lactique qui pèse lourd pour le final ...
à suivre...
à suivre...