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Maître Poète
En cercle d’ignominie, la foule rugit de graves et d’aiguës, la barrière retient leurs têtes qui se distinguent à peine et le féroce de leurs hourras, au centre chevaux blancs et mi-hommes coagulent sur le sable vaporeux, leurs entrailles en pagailles préviennent la mort, qui s’invite à ce bal funeste mais ne sachant avec qui danser, on pointe pour la guider, d’une impitoyable volonté un partenaire depuis longtemps condamné ; de leurs belles coiffes, toilettes d’or tissées et lances acérées, ils occupent le côté des survivants et conduisent les pas de la cavalière.
La bête ! Fière, se dresse face aux chorégraphes, cassant le rythme de son trépas, le mélange de sa sueur et de son sang ruisselle sur son corps, on jurerait qu’il l’attend, l’incompréhension dans ses yeux, on ne verra pas son trépas, la scène restera à jamais figée sur son sort, Goya l’épargne sur cette toile, il montrera dans d’autres décors, son goût pour la torture et l’exécution de malheureux taureaux.