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Grand poète
Qui, parmi vous, n’a pas entendu parler de lutins ou de farfadets ? De ces êtres minuscules qui veillent sur l’or de leurs ancêtres, des ces petits personnages, bluffeurs au grand coeur qui rendent parfois visite aux méchants enfants ; non pour les punir ou les effrayer, mais bien pour essayer les mettre sur le droit chemin ?
Peu importe le nom qu’on leur prête, ils sont partout présents ! Dans les espaces sans fin de nos fantasmes et peut-être même dans ceux, nettement plus restreints, de notre quotidienne réalité!
C’est de cette dernière catégorie dont je désirerais avec vous m’entretenir. De ceux qui cherchent à s’accrocher au palpable, au tangible ; de ceux qui pourraient aisément pénétrer nos esprits si nous n’y prenions garde !
C’est dans l’après-midi d’un dimanche de décembre que pour la première fois, je les ai rencontrés… Tout avait débuté au beau milieu d’un jardin ou plutôt d’un petit verger que je traversais chaque matin ; petit espace bucolique en bordure d’une route que j’empruntais pour me rendre sur mon lieu de travail. Quatre robustes chênes, dans lesquels quelques corbeaux avaient élu domicile, semblaient jalousement veiller sur cet endroit verdoyant. Mais cet après-midi là, les oiseaux au plumage d’ébène n’y étaient pas. Seule la brise du lac faisait ondoyer le vert gazon et caressait le visage des quidams de passage.
Il était seize heures quand ils se mirent à descendre sous forme de petites boules cotonneuses. En quelques secondes, ils étaient des milliers à se précipiter ainsi des cieux. Rapidement, ces êtres célestes s’étaient partout répandus. Recroquevillés sur eux-mêmes, ils tentaient de se maintenir au sol. En dépit de la force du vent, leurs longs doigts s’accrochaient désespérément aux brins de verdure, à la manière de ces feuilles qui, malgré les bourrasques automnales, refusent obstinément de s’arracher de leur branche.
Ils avaient longtemps voyagé à travers l’espace. Anesthésiés par la froidure extrême du vide astral, ils ne pouvaient être conscients que bon nombre d’entre eux n’arriveraient jamais au but de leur quête. L’espace et le temps auraient irrémédiablement raison des plus fragiles et même parmi les plus vigoureux, certains finiraient écrasés contre le pare-brise d’une voiture. D’autres, disparaîtraient dans le néant, faute d’avoir perdu leur petite mais néanmoins indispensable besace. Cette minuscule sacoche où s’amassaient les rêves et les mots perdus, et dont l’absence ferait que leur venue et leur rencontre avec les lutins de notre planète, n’auraient plus la moindre importance. Ainsi, l’unique raison de leur périple, la cause pour laquelle ils avaient surmonté mille et un danger, se résumait au contenu de leur musette ; ces infime particules onirique qui, une fois libérées, étaient sensées venir se fixer aux souvenirs d’enfance de plus d’un humain, afin de les retenir, pour qu’à jamais ils ne s’effacent. Ces êtres d’ailleurs, avaient compris, et ceci depuis des temps immémoriaux, que sans cette partie essentielle de sa mémoire l’adulte ne peut pleinement s’épanouir.
Ces elfes, dont le mimétisme fait que vous ne sauriez les distinguer des multiples et autres flocons de neige, sont dotés d’une profonde sagesse et lorsque, ensemble, ils se posent mollement, recouvrant tout ce qu’ils touchent de leur blanc manteau, ils offrent, à ceux qui s’appliquent à bien observer, un spectacle d’une indescriptible beauté.
Tout au long de nos nuits de sommeil, ils recueillent nos rêves afin que ceux ci ne s’égarent, les emportent dans leur jardin secret, les revêtent de ces couleurs souvent oubliées que sont la joie et la spontanéité. Leur oeuvre accomplie, ils s’en reviennent, pénètrent nos songes pour y répandre le fruit de leur nocturne labeur.
Du terreau que sont nos âmes, ce merveilleux semi germera peut-être, donnant naissance à quelque splendide arbre de sagesse.
L’hiver touchant à sa fin, ils disparaîtront comme ils sont venus, humbles et silencieux, pour céder la place aux lutins printaniers. Ainsi en est-il depuis la nuit des temps !
Ce moment magique d’un aprèsmidi de décembre, ce jour d’hiver où ces malicieuses entités sont venues frôler les carreaux de ma fenêtre, restera éternellement gravé en ma mémoire.
Peu importe le nom qu’on leur prête, ils sont partout présents ! Dans les espaces sans fin de nos fantasmes et peut-être même dans ceux, nettement plus restreints, de notre quotidienne réalité!
C’est de cette dernière catégorie dont je désirerais avec vous m’entretenir. De ceux qui cherchent à s’accrocher au palpable, au tangible ; de ceux qui pourraient aisément pénétrer nos esprits si nous n’y prenions garde !
C’est dans l’après-midi d’un dimanche de décembre que pour la première fois, je les ai rencontrés… Tout avait débuté au beau milieu d’un jardin ou plutôt d’un petit verger que je traversais chaque matin ; petit espace bucolique en bordure d’une route que j’empruntais pour me rendre sur mon lieu de travail. Quatre robustes chênes, dans lesquels quelques corbeaux avaient élu domicile, semblaient jalousement veiller sur cet endroit verdoyant. Mais cet après-midi là, les oiseaux au plumage d’ébène n’y étaient pas. Seule la brise du lac faisait ondoyer le vert gazon et caressait le visage des quidams de passage.
Il était seize heures quand ils se mirent à descendre sous forme de petites boules cotonneuses. En quelques secondes, ils étaient des milliers à se précipiter ainsi des cieux. Rapidement, ces êtres célestes s’étaient partout répandus. Recroquevillés sur eux-mêmes, ils tentaient de se maintenir au sol. En dépit de la force du vent, leurs longs doigts s’accrochaient désespérément aux brins de verdure, à la manière de ces feuilles qui, malgré les bourrasques automnales, refusent obstinément de s’arracher de leur branche.
Ils avaient longtemps voyagé à travers l’espace. Anesthésiés par la froidure extrême du vide astral, ils ne pouvaient être conscients que bon nombre d’entre eux n’arriveraient jamais au but de leur quête. L’espace et le temps auraient irrémédiablement raison des plus fragiles et même parmi les plus vigoureux, certains finiraient écrasés contre le pare-brise d’une voiture. D’autres, disparaîtraient dans le néant, faute d’avoir perdu leur petite mais néanmoins indispensable besace. Cette minuscule sacoche où s’amassaient les rêves et les mots perdus, et dont l’absence ferait que leur venue et leur rencontre avec les lutins de notre planète, n’auraient plus la moindre importance. Ainsi, l’unique raison de leur périple, la cause pour laquelle ils avaient surmonté mille et un danger, se résumait au contenu de leur musette ; ces infime particules onirique qui, une fois libérées, étaient sensées venir se fixer aux souvenirs d’enfance de plus d’un humain, afin de les retenir, pour qu’à jamais ils ne s’effacent. Ces êtres d’ailleurs, avaient compris, et ceci depuis des temps immémoriaux, que sans cette partie essentielle de sa mémoire l’adulte ne peut pleinement s’épanouir.
Ces elfes, dont le mimétisme fait que vous ne sauriez les distinguer des multiples et autres flocons de neige, sont dotés d’une profonde sagesse et lorsque, ensemble, ils se posent mollement, recouvrant tout ce qu’ils touchent de leur blanc manteau, ils offrent, à ceux qui s’appliquent à bien observer, un spectacle d’une indescriptible beauté.
Tout au long de nos nuits de sommeil, ils recueillent nos rêves afin que ceux ci ne s’égarent, les emportent dans leur jardin secret, les revêtent de ces couleurs souvent oubliées que sont la joie et la spontanéité. Leur oeuvre accomplie, ils s’en reviennent, pénètrent nos songes pour y répandre le fruit de leur nocturne labeur.
Du terreau que sont nos âmes, ce merveilleux semi germera peut-être, donnant naissance à quelque splendide arbre de sagesse.
L’hiver touchant à sa fin, ils disparaîtront comme ils sont venus, humbles et silencieux, pour céder la place aux lutins printaniers. Ainsi en est-il depuis la nuit des temps !
Ce moment magique d’un aprèsmidi de décembre, ce jour d’hiver où ces malicieuses entités sont venues frôler les carreaux de ma fenêtre, restera éternellement gravé en ma mémoire.