rivière
Maître Poète
La cathédrale des mousses
Te souviens-toi, ma Douce, mon Amour,
de ce jour de mai où nous nous sommes étendues,
face à la confession du soleil,
parmi la cathédrale des mousses
en la forêt de Bercé dans notre province du Maine ?
Nous n’avions que seize ans, et un teint de fraise,
nous effeuillâmes tout d’abord
chacun de nos vêtements,
nos robes, nos escarpins, et nos bas de soie
brasillèrent bientôt sous le psaume des rayons,
puis je te contemplai longtemps,
ta longue chevelure brune encadrait
la grâce de ton visage,
tes seins haut plantés, fiers et lourds,
bougeaient à chacun de tes mouvements,
des oiseaux griffaient les tentures des cieux.
Je m’agenouillai, et tu tremblas
quand mes lèvres et mes paumes
révélèrent peu à peu l’archipel de ton corps,
et l’hermine de ton pertuis,
où
je m’activai des heures durant,
je divulguai alors
la splendeur de tes charnelles strophes,
les duchés de tes ruts
et je récoltai enfin le miel de tes émois
que nous partageâmes
l’une dans l’autre, l’une contre l’autre
jusqu’à nos prochaines joutes d’Eros,
jusqu’aux sanglots de notre Impudeur,
car il n’y a rien de sublime au monde
que l’onde de ta Beauté, ô ma Douce, ma Femme !
Sophie Rivière
Te souviens-toi, ma Douce, mon Amour,
de ce jour de mai où nous nous sommes étendues,
face à la confession du soleil,
parmi la cathédrale des mousses
en la forêt de Bercé dans notre province du Maine ?
Nous n’avions que seize ans, et un teint de fraise,
nous effeuillâmes tout d’abord
chacun de nos vêtements,
nos robes, nos escarpins, et nos bas de soie
brasillèrent bientôt sous le psaume des rayons,
puis je te contemplai longtemps,
ta longue chevelure brune encadrait
la grâce de ton visage,
tes seins haut plantés, fiers et lourds,
bougeaient à chacun de tes mouvements,
des oiseaux griffaient les tentures des cieux.
Je m’agenouillai, et tu tremblas
quand mes lèvres et mes paumes
révélèrent peu à peu l’archipel de ton corps,
et l’hermine de ton pertuis,
où
je m’activai des heures durant,
je divulguai alors
la splendeur de tes charnelles strophes,
les duchés de tes ruts
et je récoltai enfin le miel de tes émois
que nous partageâmes
l’une dans l’autre, l’une contre l’autre
jusqu’à nos prochaines joutes d’Eros,
jusqu’aux sanglots de notre Impudeur,
car il n’y a rien de sublime au monde
que l’onde de ta Beauté, ô ma Douce, ma Femme !
Sophie Rivière