rivière
Maître Poète
La cathédrale de l’aurore
Tu as éclairé, ma Vénérée, l’astre de la Beauté,
j’ai baigné avec toi dans les langueurs de la douceur,
tes longs cheveux d’or encadraient la royauté de ta joliesse,
j’ai baigné avec toi dans les langueurs de la douceur,
tes longs cheveux d’or encadraient la royauté de ta joliesse,
ô ma Douce, tu es décédée voilà peu, et depuis lors,
j’erre comme une âme en peine
dans les diocèses des champs et des forêts,
j’erre comme une âme en peine
dans les diocèses des champs et des forêts,
je ne cueille plus les fleurs des chemins
que je t’offrais, agenouillée, face à la cathédrale de l’aurore,
dorénavant, dès que tombe la brune, je vais dans le reposoir des âmes,
que je t’offrais, agenouillée, face à la cathédrale de l’aurore,
dorénavant, dès que tombe la brune, je vais dans le reposoir des âmes,
devant ta tombe, et je prie,
mes larmes coulent dessus le sonnet de ma douleur,
puis, je rentre dans notre maison, bordée par le Loir,
mes larmes coulent dessus le sonnet de ma douleur,
puis, je rentre dans notre maison, bordée par le Loir,
ce cours d’eau que tu célébrais dans tes poésies saphiques,
je vais dans notre chambre,
j’ouvre notre armoire, je sors tes robes de lin,
je vais dans notre chambre,
j’ouvre notre armoire, je sors tes robes de lin,
tes bas de soie, et tes escarpins que je pose sur notre couche,
je les respire, et je pleure, ô mon Impératrice de Grâce,
toi qui gémissais de liesse quand nous joutions d’harmonie
je les respire, et je pleure, ô mon Impératrice de Grâce,
toi qui gémissais de liesse quand nous joutions d’harmonie
dans les volutes de ta pureté.
J’ai connu avec toi la joie d’être Femme,
et les strophes de la Jouissance,
J’ai connu avec toi la joie d’être Femme,
et les strophes de la Jouissance,
je ne t’oublierai jamais, cependant, j’ai croisé hier à l’aurore,
une belle créature dont le regard s’est appesanti longuement
sur mes seins pigeonnants, arrogants et lourds,
une belle créature dont le regard s’est appesanti longuement
sur mes seins pigeonnants, arrogants et lourds,
qui pointent sans attache sous ma tunique, et sur les lys de mon pertuis,
demain, je lui avouerai mon amour,
je serai sa Suzeraine, je lui ferai connaître la lumière de nos émois,
demain, je lui avouerai mon amour,
je serai sa Suzeraine, je lui ferai connaître la lumière de nos émois,
j’embrasserai la cerise de ses lèvres, et dans l’innocence du Désir,
je l’emmènerai des heures durant jusqu’au delta de la Grâce,
avant de recommencer sans cesse,
je l’emmènerai des heures durant jusqu’au delta de la Grâce,
avant de recommencer sans cesse,
car prêtresses de Sapho, passionnées d’ivresses,
nous errerons, les iris troublés de vice,
dessus le triomphe de la Béatitude et de la tendresse !
nous errerons, les iris troublés de vice,
dessus le triomphe de la Béatitude et de la tendresse !
Sophie Rivière
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