Il éboule la terre
L ’ animal obstiné
Laideur se fait
Divin est rabaissé.
Mots se butinent
Idées des Poètes
Hors de l ’ oeil
Rythme la lumière.
Idiotie d ’ urbanisation
Vingt-sept kilomètres de béton surplombent Nairobi. Le mastodonte routier qui enjambe la capitale kényane du nord au sud, inauguré en mai, trois mois avant l’élection présidentielle du 9 août, doit devenir l’axe qui révolutionnera la circulation de cette ville, connue comme l’une des plus congestionnées d’Afrique. D’où son appellation : l’Expressway. Pourtant, les véhicules sont aux abonnés absents. La raison tient au coût du péage : environ 300 shillings (2,50 euros) par trajet. Une petite fortune pour la majorité des Kényans. L’autoroute n’est empruntée que par les privilégiés, qui peuvent désormais se rendre de l’aéroport au centre d’affaires de la capitale en vingt minutes, au lieu de deux heures.
« On nous avait promis un projet pour tous les Kényans. Mais il profite uniquement aux happy few », déplore l’expert en planification urbaine Constant Cap. Cette route à deux vitesses a coûté 670 millions de dollars (655 millions d’euros), une somme supportée en grande partie par la China Road and Bridge Corporation (CRBC), dans le cadre d’un partenariat public-privé entre l’Etat kényan et l’entreprise chinoise. L’Expressway porte le sceau du président sortant, Uhuru Kenyatta, qui s’apprête à lâcher son poste après neuf ans au pouvoir (
2013-2022). Durant ses mandats, le chef de l’Etat a multiplié les mégaprojets financés par Pékin. En 2017, il inaugurait une ligne de chemin de fer, le Standard-Gauge Railway (ou SGR, du nom de l’écartement standard des rails), reliant Nairobi au port de Mombasa, sur l’océan indien.
Kenya