rivière
Maître Poète
L'été m’apporte des psaumes de douceur
Les flots du Loir viennent mourir à mes pieds,
tandis que les lys d’eau
redressent leurs fronts laiteux
face aux bannières du soleil,
tandis que les lys d’eau
redressent leurs fronts laiteux
face aux bannières du soleil,
ô ma Douce, mon Impératrice de Grâce,
l'été m’apporte des psaumes de douceur
parmi les bannières du bocages,
ma robe de soie volette dans l’azur,
l'été m’apporte des psaumes de douceur
parmi les bannières du bocages,
ma robe de soie volette dans l’azur,
les herbes s’ouvrent devant moi,
et se redressent après mon passage,
je repense à toi, mon Aimée,
toi qui es partie à l’aube
et se redressent après mon passage,
je repense à toi, mon Aimée,
toi qui es partie à l’aube
pour aller à ton travail,
je t’ai connue à la brune, en novembre dernier,
alors que tu errais, pâle et fatiguée
tu avais perdu ton chemin,
je t’ai connue à la brune, en novembre dernier,
alors que tu errais, pâle et fatiguée
tu avais perdu ton chemin,
je t’invitai en ma borde,
et après le souper,
je déposai sur ton front gracile,
et tes lèvres,
et après le souper,
je déposai sur ton front gracile,
et tes lèvres,
des syllabes de volupté,
je te conduisis en ma chambre, sur ma couche,
je t’initiai des heures durant
aux mystères des prêtresses de Sappho,
je te conduisis en ma chambre, sur ma couche,
je t’initiai des heures durant
aux mystères des prêtresses de Sappho,
tu gémis des motets de grâce,
puis arquée sur tes pieds,
tes seins fiers et lourds dirigés vers les solives des cieux,
tu hurlas l’hymne de ta Jouissance,
puis arquée sur tes pieds,
tes seins fiers et lourds dirigés vers les solives des cieux,
tu hurlas l’hymne de ta Jouissance,
nous partageâmes le lait de ton corps,
et tu t’endormis bientôt dedans la crique de mes bras
blottie contre ma rivière d’amour,
et depuis lors,
et tu t’endormis bientôt dedans la crique de mes bras
blottie contre ma rivière d’amour,
et depuis lors,
tu es ma Maîtresse et ma Vie,
et nous psalmodions chaque jour
l’hymne de notre Féminité
si belle et si délicate !
et nous psalmodions chaque jour
l’hymne de notre Féminité
si belle et si délicate !
Sophie Rivière