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L'économie d'marché !

Casbadji

Nouveau poète



L'ECONOMIE D'MARCHE



Réjouissons nous concitoyens
Du nourrisson jusqu'au doyen
On a trouvé le bon moyen
De rendre heureux; les Algériens

Après avoir tant rabâché
Ca y est bonnes gens on a tranché
Pour cette économie d'marché
Grâce à laquelle tout va marcher

Soyons heureux et déridés
Pour une fois; qu'ont décidé
Ceux dont la tête est pleine d'idées
Que le bazar, soit inondé

On va sûrement pouvoir enfin
Souffler un peu, et mettre fin
A notre calvaire et notre faim
En remplissant bien le couffin

Levons le toast à la santé
De ces messieurs, qui ont opté
Sans crier gare! Sans consulter
Pour cette économie dictée

Car il paraît que désormais
Grâce à la crème du sommet
Il n'y aura plus, chez nous jamais
Des ventres creux ou affamés

Seulement sachez frères et amis
Que la cigale est l'ennemie
De ce monsieur le F.M.I.
Qui , souvenez-vous n'est qu'la fourmi

Et pour je n'sais; quel crime commis
Et redresser l'économie
Nous allons tous être soumis
Aux conditions du F.M.I.

A ce sujet pour être prospère
Ont dit, Michel, Jacques et Albert
Il faut qu'les prix on les libère
Pendant qu'on gèle primes et salaires

Selon monsieur, ce F.M.I.
Pour éviter la boulimie
Au lieu d'un pain, c'est un demi
Que l'on aura comme c'est promis

Mais c'est pas clair, c'est plutôt louche
Ce fol mustang que l'on enfourche
Sans trop savoir où il débouche
Alors j'ai peur des escarmouches

Même les smicards ont des frissons
Car ils savent tous; de toute façon
Qu'si leur monture est canasson
La clé ira sous l'paillasson

Même étant sain, pas impotent
Y a pas de quoi être content
Car "faire la manche", et vous autant
C'est c'qui nous guette et nous attend

Il faut appeler un chat, un chat !
Avec un maigre pouvoir d'achat
Qui du smicard ou du pacha
Prend pour des sous, les p'tits crachats

C'est qu'en économie d'marché
Comme l'on sera souvent fauchés
Vaut mieux ne pas trop s'approcher
Des alentours de chez l'boucher

Quant aux marchands de frais légumes,
De ces primeurs, et autres agrumes
Comme si de rien, comme de coutume
Ils nous arnaquent et nous déplument

Sans oublier ces fiers laitiers
Qui se beurrent tous grâce au métier,
Grâce au p'tit lait, ou lait entier
Qu'ils nous cèdent tôt; et sans pitié

Le vent en poupe, cap sur l'essor
On jette alors par dessus bord
Tous les lourdauds qui gênent l'effort
D'arriver sûr, jusqu'a bon port

On gardera les travailleurs
Les plus robustes et les meilleurs
Qui sacrifient sang et sueurs
Pour enrichir leur employeur

Pour alléger certaines souffrances
On prévoit donc une assistance
Aux vulnérables; sans résistance
Sans l'essentiel et sans pitance

En complément des faux salaires
Une ration alimentaire
Sera servie aux titulaires
D'un bon de soupe populaire

Les vagabonds et les chômeurs
Ces galériens ou bons rameurs
feront la queue, en bonne humeur
Devant les restaurants du cœur

C'est qu'en économie d'marché
Pour mériter sa p'tite bouchée
Il faut suer, faut pas brancher
Il faut crever ou bien marcher

En somme l'avenir n'est pas si rose
Et l'on connaît aussi la cause
Alors faut pas doubler la dose
Sinon ça craque, et puis explose


MERZAK OUABED
Alger, 1996


dédié à l'ensemble des travailleurs, qui font des
acrobaties pour joindre les deux bouts. Et à tous les
chômeurs en quête d'un hypothétique...emploi
NB : La Grèce. . . l'Irlande . . . a qui le tour
 
je connais rien en politique ,mais vraiment ton poème est trés beau ca rime comme un ruisseau !! et les mots me font palisir il est trop riche en vocabulaire et ta facon de le construire c'est merveilleux
vraiment je tire chapeau!!!
bravooo
amitié
 
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