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Jules Ferry revisité (1832-1893)

Filiatus

Maître Poète
Jules Ferry.jpeg

Il est un bien grand personnage
Entre Jaurès et Jules Verne
Connu depuis notre jeune âge
Tel un Charlemagne moderne


Avec ses grosses rouflaquettes
Son front haut, son masque romain
Jules Ferry a l'air poète
Mais c'est un fin politicien


Notre héros naît dans les Vosges
De père et mère protestants
Ou catholiques ; je patauge
Car ils ne sont pas pratiquants


À Saint-Dié, il suit des études
Qui le conduisent vers le droit
Mais il est dans l'incertitude
Être notaire ou avocat ?


Il se décide en fin de compte
À revêtir la robe noire
Qu'il jette aux orties, avec honte
Après quelques réquisitoires


Maintenant qu'il a la trentaine
Il souhaite être journaliste
De tendance républicaine
Car Napoléon III l'attriste


Il publie un livre de comptes
Non pas sur les contes d'Hoffmann
Mais un ouvrage sur les comptes
Du dispendieux baron d'Haussmann


Élu en région parisienne
Tandis que l'Empereur s'exile
Il devient préfet de la Seine
Puis maire de la grande ville


Il gère le siège avec poigne
Et la Commune avec brio
Lors, quand la révolte s'éloigne
Il est invité au Château


On lui confie le ministère
De l'Instruction et des Beaux-arts
C'est là que par des circulaires
Il rend l'école obligatoire


Il fait voter des lois expresses
Sur la liberté d'être en groupe
Sur la liberté de la presse
Et comme il a le vent en poupe


Lors des élections communales
Il fait élire les édiles
Par le conseil municipal
Et non plus les préfets serviles


Marié depuis quelques années
Avec dame Eugénie Risler
Comme point d'enfants ne sont nés
Il dote le fils de son frère


Le président Jules Grévy
Trouvant que Ferry fait merveille
Confie à son nouvel ami
La présidence du Conseil


Les deux Jules sont aux commandes
Pour diriger le grand pays
Calmant l'ire anti-allemande
Se consacrant aux Colonies


Très lié au monde des affaires
Jules Ferry conquiert l'Afrique
Extrait les matières premières
Et se fait toujours plus de fric


Fort malheureusement pour Jules
Gronde la publique opinion
Qui en quelques heures l'accule
À remettre sa démission


Il devient si impopulaire
Qu'un partisan de Clemenceau
Lui tire un coup de révolver
Laissant la balle dans son dos


À l'élection présidentielle
De mil huit cent quatre-vingt-sept
Il se ramasse une gamelle
Ce qui met le pays en fête


Aux élections législatives
Il boit encore le bouillon
Mais conserve quoiqu'il arrive
La présidence de région


Lorsque pour les sénatoriales
Les Vosgiens votent pour son camp
Cela met fin à l'infernale
Spirale de désagréments


Enfin, il reprend des couleurs
Et peut l'avenir entrevoir
Car ses collègues sénateurs
L'ont désigné pour le perchoir


Quand la triste nouvelle tombe
Tout le pays est en émoi
Le grand Jules Ferry succombe
À soixante ans et onze mois
 
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