fil2fer
Poète libéré
Jeune poète.
Evade-toi poète,
Fuis donc le ventre lourd
Qui n’est que l’oubliette
Où dormir deux cents jours.
Nais donc jeune terrien,
Deviens le plus d’un tout,
Qui deviendra gros rien
Quand tu sauras surtout :
Rêver d’autres rivages
Ceux qui font l’horizon
Comme fit le sauvage
Où le roi sans blason.
Chercher toutes merveilles
Dos au vent, vers tous lieux,
Jusqu’au jour ou la vieille
T’appellera « mon vieux »
-----
Vole haut léger poète
Apprend de l’albatros
Quand il cure l'arête,
Comment ronger ton os.
Puis dit à la marmotte,
« Qui renaît, fut donc mort ! »
Que l’hiver escamote
Son temps quand il l’endort.
Oui ! Dis à la marmotte
Qu’un mauvais argentier
De sa vie paye la dote,
Mais lui paye à moitié.
-----
Mets dans la chose écrite
Qu’on dit trop tôt : « Trop tard ! »
Que l’on court bien trop vite
Et pour faire un vieillard.
Ecris d’un noir plumage
Arraché au vautour,
Que l’âme est un nuage
Qui flotte sans retour.
Ecris sur nos décombres
Et saute des deux pieds
Dans le ciel et dans l’ombre,
Qui sont tes encriers.
Etire en longues bandes
Tes phrases, puisqu’il faut,
Qu'un coeur de pierre fende
Au marteau de tes mots.
Car si aucun n’invente
Ni le mot, ni l’amour
L’écriture est vivante
Et lève chaque jour.
Signe : « La vie c’est bien ! »
Car c’est une pépite
Grande au creux de ta main,
Dans la mienne petite.
-----
Enfin, quand le naufrage,
Des ans aura tracé,
Ses rides sur tes pages,
Et sur ton front froissé.
Quand c’est, avec surprise,
Qu’encore un jour nouveau
Posera la cerise,
Encor’ sur ton gâteau.
Tu sauras qu’il fut sage
D’avoir aimé autant
Ce bien trop court passage
Qui fait tout notre temps.
---
Alors jeune poète
Tu croiras en cela :
« Rien ici ne s’arrête
Et tout, sans nous, s’en va ! »
Fil2fer, le 17/11/2012.
Chaque tour de la terre
Au monde ajoute un jour
Ou bien veut le soustraire,
Puisqu’il compte à rebours.
Quand tu crois qu’il te donne
Un tour, un jour de plus,
Jamais il n’additionne,
Et hier est perdu !
Je ne sais rien des grâces
Je ne sais rien des lois,
Quand chaque jour efface
Tous ces morceaux de toi,
Mais tu as une place
Au chaud, au fond de moi,
Pour y laisser la trace
Que l’on n’efface pas.
Ainsi dans mon espace,
Tout peint de ton ciel bleu,
Le cercle que j’y trace
Te pose en son milieu.
Dans ta lumière éteinte
L’aiguille du compas
Me pique de sa pointe,
Non ! Je ne t’oublie pas !
Fil2fer, le 31/10/2012.
Traces de guerre
Tout au long de sa vie boiter comme un pantin ?
N’être pas responsable, assigner le destin ?
Puis, petit à genoux, clamer son innocence !
Jurer que bien plus grand forçait l’obéissance !
Avant l’amour avoir des doigts tout en satin ?
Après, des mêmes doigts, tabasser sa catin ?
Etre fort un instant, mais pas sur la distance !
Ne faire qu’en fonction des bonnes circonstances ?
Puis partir à la guerre en brave fantassin.
Porter comme un héro qui n’est qu’un assassin ?
Rejouer l’innocence en accusant la France ?
Et pour l’absolution piétiner sa conscience ?
Tirer sur son jumeau, armé par l’autre front ?
Verser le sang comme on sert celle du patron ?
Verser ses coups de rouge. Une petite goutte ?
Encore un petit mort ? Un dernier pour la route !
Ne pas avoir compris qu’on est seul dans son choix !
Qu’on peut tirer en l’air ou se couper le doigt !
Et que la différence est cette chose, infime,
Entre laisser la vie ou bien commettre un crime.
Commettre des erreurs, bien sûr, il va de soi.
Mais ne pas les commettre une seconde fois.
Apprendre la frayeur. Mériter un pardon.
Trembler, hurler, pleurer, pour enfin dire « Non » !
Fil2fer le 01/03/2012.
Evade-toi poète,
Fuis donc le ventre lourd
Qui n’est que l’oubliette
Où dormir deux cents jours.
Nais donc jeune terrien,
Deviens le plus d’un tout,
Qui deviendra gros rien
Quand tu sauras surtout :
Rêver d’autres rivages
Ceux qui font l’horizon
Comme fit le sauvage
Où le roi sans blason.
Chercher toutes merveilles
Dos au vent, vers tous lieux,
Jusqu’au jour ou la vieille
T’appellera « mon vieux »
-----
Vole haut léger poète
Apprend de l’albatros
Quand il cure l'arête,
Comment ronger ton os.
Puis dit à la marmotte,
« Qui renaît, fut donc mort ! »
Que l’hiver escamote
Son temps quand il l’endort.
Oui ! Dis à la marmotte
Qu’un mauvais argentier
De sa vie paye la dote,
Mais lui paye à moitié.
-----
Mets dans la chose écrite
Qu’on dit trop tôt : « Trop tard ! »
Que l’on court bien trop vite
Et pour faire un vieillard.
Ecris d’un noir plumage
Arraché au vautour,
Que l’âme est un nuage
Qui flotte sans retour.
Ecris sur nos décombres
Et saute des deux pieds
Dans le ciel et dans l’ombre,
Qui sont tes encriers.
Etire en longues bandes
Tes phrases, puisqu’il faut,
Qu'un coeur de pierre fende
Au marteau de tes mots.
Car si aucun n’invente
Ni le mot, ni l’amour
L’écriture est vivante
Et lève chaque jour.
Signe : « La vie c’est bien ! »
Car c’est une pépite
Grande au creux de ta main,
Dans la mienne petite.
-----
Enfin, quand le naufrage,
Des ans aura tracé,
Ses rides sur tes pages,
Et sur ton front froissé.
Quand c’est, avec surprise,
Qu’encore un jour nouveau
Posera la cerise,
Encor’ sur ton gâteau.
Tu sauras qu’il fut sage
D’avoir aimé autant
Ce bien trop court passage
Qui fait tout notre temps.
---
Alors jeune poète
Tu croiras en cela :
« Rien ici ne s’arrête
Et tout, sans nous, s’en va ! »
Fil2fer, le 17/11/2012.
La bise.
Tous jours il vous offrait
Un cadeau ! Et le même.
Pas mis dans un coffret.
Qu’importe ! Quand on aime !
Dans un coffret, pas mis,
Tous jours de la semaine
Vous receviez, fourmi,
Son doux cocon de laine.
Fourmi, vous receviez,
Ce peu qui vous protège
Du mois de février
Qui fait vos temps de neige.
De février, ce mois,
Où son humeur glaciale,
Pique ou mord de son froid
Les lèvres des cigales.
De son froid pique ou mord
Ou pour le moins vous pince
Vous met le cœur au nord
Et pousse au sud le prince.
Au nord vous met le cœur,
Ou tente de le mettre,
Sans savoir que le cœur
N’obéit qu’à son maître.
Que le cœur, sans savoir
Que c’est sa délivrance
Se livre entier, un soir,
Et aime avec confiance.
Un soir se livre entier
Et chaque soir de même
Et devient l’héritier
De milliers de « je t’aime ».
Et l’héritier devient
La magnifique flamme
Qui mit en votre son sein
Tous vos amours, madame !
En votre sein qui mit
Lui contre vous si belle
Pour toujours c’est promis
Lui en vous, et en lui : elle.
C’est promis, pour toujours !
Pour que le feu s’attise,
Fourmi, vivez donc pour
Le cadeau qu’est sa bise.
Fil2fer, le 16/11/2012.
(a Lydie et Denis, mes amoureux de Peynet)
Ton éternité.Tous jours il vous offrait
Un cadeau ! Et le même.
Pas mis dans un coffret.
Qu’importe ! Quand on aime !
Dans un coffret, pas mis,
Tous jours de la semaine
Vous receviez, fourmi,
Son doux cocon de laine.
Fourmi, vous receviez,
Ce peu qui vous protège
Du mois de février
Qui fait vos temps de neige.
De février, ce mois,
Où son humeur glaciale,
Pique ou mord de son froid
Les lèvres des cigales.
De son froid pique ou mord
Ou pour le moins vous pince
Vous met le cœur au nord
Et pousse au sud le prince.
Au nord vous met le cœur,
Ou tente de le mettre,
Sans savoir que le cœur
N’obéit qu’à son maître.
Que le cœur, sans savoir
Que c’est sa délivrance
Se livre entier, un soir,
Et aime avec confiance.
Un soir se livre entier
Et chaque soir de même
Et devient l’héritier
De milliers de « je t’aime ».
Et l’héritier devient
La magnifique flamme
Qui mit en votre son sein
Tous vos amours, madame !
En votre sein qui mit
Lui contre vous si belle
Pour toujours c’est promis
Lui en vous, et en lui : elle.
C’est promis, pour toujours !
Pour que le feu s’attise,
Fourmi, vivez donc pour
Le cadeau qu’est sa bise.
Fil2fer, le 16/11/2012.
(a Lydie et Denis, mes amoureux de Peynet)
Chaque tour de la terre
Au monde ajoute un jour
Ou bien veut le soustraire,
Puisqu’il compte à rebours.
Quand tu crois qu’il te donne
Un tour, un jour de plus,
Jamais il n’additionne,
Et hier est perdu !
Je ne sais rien des grâces
Je ne sais rien des lois,
Quand chaque jour efface
Tous ces morceaux de toi,
Mais tu as une place
Au chaud, au fond de moi,
Pour y laisser la trace
Que l’on n’efface pas.
Ainsi dans mon espace,
Tout peint de ton ciel bleu,
Le cercle que j’y trace
Te pose en son milieu.
Dans ta lumière éteinte
L’aiguille du compas
Me pique de sa pointe,
Non ! Je ne t’oublie pas !
Fil2fer, le 31/10/2012.
Traces de guerre
Tout au long de sa vie boiter comme un pantin ?
N’être pas responsable, assigner le destin ?
Puis, petit à genoux, clamer son innocence !
Jurer que bien plus grand forçait l’obéissance !
Avant l’amour avoir des doigts tout en satin ?
Après, des mêmes doigts, tabasser sa catin ?
Etre fort un instant, mais pas sur la distance !
Ne faire qu’en fonction des bonnes circonstances ?
Puis partir à la guerre en brave fantassin.
Porter comme un héro qui n’est qu’un assassin ?
Rejouer l’innocence en accusant la France ?
Et pour l’absolution piétiner sa conscience ?
Tirer sur son jumeau, armé par l’autre front ?
Verser le sang comme on sert celle du patron ?
Verser ses coups de rouge. Une petite goutte ?
Encore un petit mort ? Un dernier pour la route !
Ne pas avoir compris qu’on est seul dans son choix !
Qu’on peut tirer en l’air ou se couper le doigt !
Et que la différence est cette chose, infime,
Entre laisser la vie ou bien commettre un crime.
Commettre des erreurs, bien sûr, il va de soi.
Mais ne pas les commettre une seconde fois.
Apprendre la frayeur. Mériter un pardon.
Trembler, hurler, pleurer, pour enfin dire « Non » !
Fil2fer le 01/03/2012.
La belle guerre.
Des guerriers ? Croyez-y !
Ils font dans leurs batailles
Des armées sans fusil
Qui rêvent de médailles.
Des soldats sans treillis
Qui chantent avec force
L’hymne de leur pays
Une main sur le torse.
Et qui vont défiler
Non pas sous les ramages
D’un quatorze juillet
Dont on fait un fromage.
Dans un combat loyal
Ils défient l’adversaire,
Mais sans lui faire mal
Et sans le mettre en terre.
Ils veulent conquérir
Le prestige et la gloire,
Sans que l’un du périr,
Pour signer la victoire.
Aux ordres d’un baron
La guerre est magnifique
Quand sonne le clairon
Sur les champs olympiques.
Fil2fer, le 11/07/2012.
Des guerriers ? Croyez-y !
Ils font dans leurs batailles
Des armées sans fusil
Qui rêvent de médailles.
Des soldats sans treillis
Qui chantent avec force
L’hymne de leur pays
Une main sur le torse.
Et qui vont défiler
Non pas sous les ramages
D’un quatorze juillet
Dont on fait un fromage.
Dans un combat loyal
Ils défient l’adversaire,
Mais sans lui faire mal
Et sans le mettre en terre.
Ils veulent conquérir
Le prestige et la gloire,
Sans que l’un du périr,
Pour signer la victoire.
Aux ordres d’un baron
La guerre est magnifique
Quand sonne le clairon
Sur les champs olympiques.
Fil2fer, le 11/07/2012.