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J'embrassais les lys de tes mamelons

rivière

Maître Poète
J’embrassais les lys de tes mamelons

Quand l'ennui m’assaille,
je repense à toi,
ô ma Fée d’infini,


à
la scansion de tes hauts talons
sur l’asphalte lors de tes promenades,


j’évoque
le sang des bocages,
les philtres d’azur de ton regard,


l’aile de ta robe de mousseline
et le soleil de tes aisselles qui
effeuillaient


le
missel païen
de tes parfums.


Les fleurs s’ouvraient
aux
calices de tes langueurs de douceur,


et que dire de tes bas de soie
luisant
parmi la moire des blés ?


Tu étais si belle et si pure
que dans les voyettes*
les violettes te faisaient des révérences,


le soir, alors que nous étions nues
comme le vent des chemins
en notre gynécée,


je te lisais
des odes saphiques,
j’inscrivais ta douceur et ta gloire


puis
j’embrassais
les lys de tes mamelons,


ma langue exaltait
la
rivière d’amour de ton clitoris,


quelquefois,
tu prenais derrière un panneau secret
un porte-godemichet,


tu l’enfilais
par les roses de mon vagin
jusqu’à la garde de mon utérus,


ô mon Impératrice de volupté,
et mes cris de liesse
montaient jusqu’aux solives des cieux,


mais nous adorions
par dessous tout
oindre nos sexes l’une contre l’autre,


car nous sommes les tribades
que chantait voilà vingt-cinq siècles
notre grande Prêtresse, Sappho de Lesbos.


Tu as quitté notre borde,
un matin, alors que le vent s’enlaçait
aux rimes des orages,


je ne pleure pas,
ô ma Maîtresse,
car je sais que tu reviendras,


le vent rapportera
alors par delà
les continents et les océans


les rimes saccadées
de nos Jouissances
et la pourpre de notre Tendresse !


voyettes : terme dialectal manceau désignant une sente.

Sophie Rivière
 
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