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J'effeuillai les orgues de ta tendresse

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion rivière
  • Date de début Date de début

rivière

Maître Poète
J’effeuillai les orgues de ta tendresse

Je t’aperçus la première fois
un jour de mai,
Jennifer,
mon amour,


tandis que je marchais
rêveuse
entre
les vaisseaux des sentes,

tu foulais devant moi,
plus vive que le souffle,
l’herbe menue du Maine
que saluaient les strophes de ta bonté.

L’or des cytises brillait sous la nue,
les cantilènes d’amour des oiseaux
s’élevaient dessus la sylve, les roseaux tremblotaient
aux anneaux du vent.

Eblouie par ta grâce,
je te déclarai ma flamme,
ta voix de colombe acquiesça
à ma demande,

je t’emmenai dessus les brassées des ramées,
et couchées sur la douceur des mousses,
je louai les orgues de ta tendresse,
et je bénis la frénésie de nos étreintes.

Désormais, je ne suis plus, ma Douce,
que la scribe de ta joliesse,
que l’humble servante de notre gynécée,
que la fleur de ta Sainteté !


Sophie Rivière
 
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