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Jean François de La Pérouse revisité (1741-1788)

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Filiatus
  • Date de début Date de début

Filiatus

Maître Poète
La Pérouse.png
Monsieur de La Pérouse est mort
Depuis deux siècles et demi
Et s'il était fort jeune encore
Lorsqu'il dit adieu à la vie


Dans la mer de Corail, ce prince
Loin de la froidure de France
Comme dirait Georges Brassens
Il passe sa mort en vacances


Jean François, à la vie, s'éveille
Sous le règne de l'arrière
Petit-fils du grand Roi-Soleil
Dont l'éclat perd de sa lumière


On est à Albi, près Toulouse
En mil sept cent quarante et un
Mais pour le jeune La Pérouse
Ce nom n'est pas encore sien


Jean-François Galaup, il se nomme
Fils de Marguerite et Joseph
Son père est un vrai gentilhomme
Un noble dépourvu de fief


Bien qu'Albi soit loin de la mer
Et plus encor de l'océan
Le gamin veut être corsaire
Au déplaisir de ses parents



On envoie donc faire ses classes
À Brest, chez les "gardes-marine"
Le jeune noble dont l'audace
N'a d'égal que sa discipline


À dix-sept ans, il participe
À l'âpre "Guerre de sept ans"
L'année suivante, il fait un "trip"
De cinq ans sur les océans


D'abord officier subalterne
Il devient vite commandant
Devant qui chacun se prosterne
Tant au combat il est vaillant


Quand, en Amérique du Nord
La guerre sévit au plus fort
La Pérouse assiège deux forts
Et capture l'état-major


Nommé comte de La Pérouse
Par le roi pour ses bons offices
Il embarque, sans son épouse
Dès mil sept cent quatre-vingt-six


Pour un voyage à deux Corvettes
Destiné à cartographier
Quelques recoins de la planète
Et des trésors à rapporter



En mil sept cent quatre-vingt-sept
Il est en escale à Manille
Où les hommes lui font la fête
Où chaloupent les jeunes filles


Quarante jours dure l'escale
Le temps de réparer les coques
De la Boussole et l'Astrobale
Et filer vers Vladivostok


Là, on dessine quelques cartes
Puis, sur un ordre de Paris
Les deux goélettes repartent
Mettre le cap sur l'Australie


Sur le chemin de la grande île
Il jette l'ancre à Samoa
Mais les indigènes hostiles
Tuent onze hommes, en blessent trois


Arrivé à Botany-Bay
En Nouvelle-Galles du Sud
Basé dans ce havre de paix
Comme il en a pris l'habitude


La Pérouse écrit une lettre
Au ministre de la Marine
"La toute dernière, peut-être"
Se dit-il, d'une triste mine



Il quitte la rade tranquille
Pour le royaume des Tonga
Et au bout d'un millier de miles
Passe au large de Nouméa


Le temps de plus en plus instable
Menace les vaisseaux chétifs
Comme si de l'enfer, le diable
Les aspirait vers les récifs


Les bateaux sombrent corps et âmes
Tout près des Îles Salomon
Précisément, le lieu du drame
N'avait pas encore de nom.
 

Pièces jointes

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    La Pérouse.png
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