rivière
Maître Poète
Je te dispensai des rimes d’amour
Je me souviendrai toujours,
ma Douce,
de ce jour d’été
où des sonnets d’amour
éclairaient nos pas
parmi les blés,
non loin de la nef
de Notre-Dame de Chartres.
Après avoir erré longtemps,
nous trouvâmes un antre
pour
cacher nos amours,
nous nous allongeâmes
à même des fétus de paille,
j’ôtai les lys de nos vêtements,
nous nous allongeâmes, nues,
sur la terre assoupie,
avec pour seuls témoins,
nos amis les oiseaux,
je te dispensai, à genoux,
des rimes d’amour,
ma langue honora ta bouche,
tes seins, l’urne de tes hanches,
et l’or de ton pertuis,
je te possédai des heures durant,
ta chair se cambra entre mes bras,
je contentai tes sens inassouvis,
je lapai les hymnes de ton nectar d’amour,
et nous endormîmes
jusqu’aux rivages de la brune.
Nous nous rhabillâmes, joyeuses,
puis, arrivées, en notre chambre,
tu me conduisis devant notre couche,
et tu me lanças alors,
farouche :
je veux jouir encore !
Sophie Rivière