rivière
Maître Poète
Je te contemple, assise, auprès de toi
J’ai cueilli pour toi, à l’aurore,
dans la prée bordant notre maison,
des brassées de violettes,
dans la prée bordant notre maison,
des brassées de violettes,
ces fleurs que tu aimes tant,
ô mon Impératrice de douceur,
je te les offrirai bientôt à genoux, à ton réveil,
ô mon Impératrice de douceur,
je te les offrirai bientôt à genoux, à ton réveil,
puis, je les placerai,
dans deux grands vases de cristal.
Tu reposes pour l’heure,
dans deux grands vases de cristal.
Tu reposes pour l’heure,
allongée, et malade, sur notre couche,
je te contemple, assise auprès de toi,
je prends tes paumes entre les miennes,
je te contemple, assise auprès de toi,
je prends tes paumes entre les miennes,
et je te récite des odes saphiques,
tes longs cheveux de jais pendent au creux de tes épaules,
tu me souris maintenant, tes iris savent l’innocence de ta pureté.
tes longs cheveux de jais pendent au creux de tes épaules,
tu me souris maintenant, tes iris savent l’innocence de ta pureté.
Je me penche, et je dépose sur tes lèvres
l’aile d’un baiser,
tandis que tes seins pigeonnants,
l’aile d’un baiser,
tandis que tes seins pigeonnants,
fiers et lourds, se soulèvent
sous ta fine nuisette de baptise.
Je me souviens de nos duels d’Eros, hier,
sous ta fine nuisette de baptise.
Je me souviens de nos duels d’Eros, hier,
dès la brune, quand tes gémissements
ont déchiré la soie du silence,
j’ai partagé le lait glorieux de ta Chair,
ont déchiré la soie du silence,
j’ai partagé le lait glorieux de ta Chair,
ensuite nous nous sommes endormies, nues,
entremêlées, jusqu’aux rivages du midi,
dehors les asphodèles se courbaient, voûtées par le souffle.
entremêlées, jusqu’aux rivages du midi,
dehors les asphodèles se courbaient, voûtées par le souffle.
Tu tousses, parfois,
ma Douce, mon Amour,
je me précipite alors pour t’apporter un verre d’eau,
ma Douce, mon Amour,
je me précipite alors pour t’apporter un verre d’eau,
nous attendons le médecin,
mais qu’importe ce qu’il te dira, car seule nous importe
la Grâce de nos Amours si belles et si pures !
mais qu’importe ce qu’il te dira, car seule nous importe
la Grâce de nos Amours si belles et si pures !
Sophie Rivière