rivière
Maître Poète
Je t’attends, ma Douce, ma Vénérée
Assise dans la prée,
sous le soleil de mai,
parmi les tercets des roses et des libellules,
sous le soleil de mai,
parmi les tercets des roses et des libellules,
je t’attends
ma Douce, ma Vénérée,
toi qui as éveillé mon coeur
ma Douce, ma Vénérée,
toi qui as éveillé mon coeur
aux pétales de l’Amour.
Non loin de moi,
une cloche tinte, et brise le cristal du silence,
Non loin de moi,
une cloche tinte, et brise le cristal du silence,
t’en souviens-tu,
je te récitais enfant
des madrigaux de douceur
je te récitais enfant
des madrigaux de douceur
que tu reprenais en lançant tes paumes en avant
pour saisir les rimes des cieux,
jeunes femmes nous avons connu
pour saisir les rimes des cieux,
jeunes femmes nous avons connu
l’astre de l’Amour et de la Beauté,
les fleurs se courbaient
à l’approche de la royauté de nos chairs,
les fleurs se courbaient
à l’approche de la royauté de nos chairs,
les bois et les forêts du Maine, notre patrie,
se rappellent de nos cris de liesse
quand, nues comme le vent,
se rappellent de nos cris de liesse
quand, nues comme le vent,
ma langue glorifiait
tes seins haut plantés, arrogants, et lourds,
et la lueur de ton pertuis,
tes seins haut plantés, arrogants, et lourds,
et la lueur de ton pertuis,
je t’ai emmenée maintes fois
dessus les plaines de la lascivité,
ô ma madone d’éternité.
dessus les plaines de la lascivité,
ô ma madone d’éternité.
Tu es partie un jour à la ville,
mais tu n’y as rencontré que malheurs,
tu m’as annoncé voilà peu ton retour,
mais tu n’y as rencontré que malheurs,
tu m’as annoncé voilà peu ton retour,
dans quelques heures, tu seras de nouveau mienne,
et nous connaîtrons alors comme auparavant
les orgues de notre tendresse si belle !
et nous connaîtrons alors comme auparavant
les orgues de notre tendresse si belle !
Sophie Rivière