rivière
Maître Poète
Je t’ai rencontrée dans la splendeur de l’aurore
Avant toi, je n’avais jamais connu l’amour,
ô ma Douce,
je n’avais pour compagne
ô ma Douce,
je n’avais pour compagne
que la pesanteur de la solitude,
seuls les arbres et les oiseaux égayaient mon quotidien,
les jours m’étaient aussi douloureux que mes nuits,
seuls les arbres et les oiseaux égayaient mon quotidien,
les jours m’étaient aussi douloureux que mes nuits,
j’errais des heures durant, sac en bandoulière,
le long du Loir et de l’Anille,
en Sarthe, où j’ai passé mon enfance.
le long du Loir et de l’Anille,
en Sarthe, où j’ai passé mon enfance.
Je pleurais souvent sur le seuil de mon logis,
seuls les arbres et les oiseaux connaissaient ma mélancolie,
quand je t’ai rencontrée
seuls les arbres et les oiseaux connaissaient ma mélancolie,
quand je t’ai rencontrée
un matin de printemps, au détour d’un boqueteau,
tes bas de soie illuminaient la splendeur de l’aurore,
ta robe courte de lin se soulevait parfois au gré du souffle,
tes bas de soie illuminaient la splendeur de l’aurore,
ta robe courte de lin se soulevait parfois au gré du souffle,
tu pleurais, m’expliquas-tu, la mort de tes proches,
et ton dénuement, émue par ton sort,
je pris tes bagages,
et ton dénuement, émue par ton sort,
je pris tes bagages,
puis, sans mot dire, je te fis signe de m’accompagner.
Tu me suivis, et je te désignai ma couche afin de te reposer,
mais tes bras m’enveloppèrent,
Tu me suivis, et je te désignai ma couche afin de te reposer,
mais tes bras m’enveloppèrent,
tu me poussas sur mon lit, tu m’effeuillas délicatement,
les yeux brillants, tes lèvres s’attardèrent
sur mes seins haut plantés et lourds
les yeux brillants, tes lèvres s’attardèrent
sur mes seins haut plantés et lourds
qui pointaient dans la clarté des sèves,
tu goûtas lentement le parfum d’écume de mon corps,
puis à même le miel de mes spasmes,
tu goûtas lentement le parfum d’écume de mon corps,
puis à même le miel de mes spasmes,
nous célébrâmes, ô mon Impératrice de Grâce,
les joyaux ardents de nos Amours
si belles et si féminines,
les joyaux ardents de nos Amours
si belles et si féminines,
et depuis lors, nous vivons ensemble,
habitées
par la magnificence de la Féminité !
habitées
par la magnificence de la Féminité !
Sophie Rivière