burst
Poète libéré
Je t'écris pour te dire que je t'aime que mon coeur qui voyage tous les jours — le coeur parti dans la dernière neige le coeur parti dans les yeux qui passent le coeur parti dans les ciels d'hypnose — revient le soir comme une bête atteinte Qu'es-tu devenue toi comme hier moi j'ai noir éclaté dans la tête j'ai froid dans la main j'ai l'ennui comme un disque rengaine j'ai peur d'aller seul de disparaître demain sans ta vague à mon corps sans ta voix de mousse humide c'est ma vie que j'ai mal et ton absence Le temps saigne quand donc aurai-je de tes nouvelles je t'écris pour te dire que je t'aime que tout finira dans tes bras amarré que je t'attends dans la saison de nous deux qu'un jour mon coeur s'est perdu dans sa peine que sans toi il ne reviendra plus Quand nous serons couchés côte à côte dans la crevasse du temps limoneux nous reviendrons de nuit parler dans les herbes au moment que grandit le point d'aube dans les yeux des bêtes découpées dans la brume tandis que le printemps liseronne aux fenêtres Pour ce rendez-vous de notre fin du monde c'est avec toi que je veux chanter sur le seuil des mémoires des morts d'aujourd'hui eux qui respirent pour nous les espaces oubliés