Filiatus
Maître Poète
Je suis né dans un laboratoire
D’un père jaune et d’une femme noire
Et comme qui dirait le professeur
J’ai deux-cent-cinquante frères et sœurs
Mes parents sont deux clônes insipides
Deux bipèdes mâles et apatrides
Qui ont fait de moi ce que je suis
Un paumé qui se cherche aujourd’hui
Ce matin, encore plus je gamberge
Car je viens d’avoir soixante berges
Et je dois quitter notre foyer
Pour aller me faire euthanasier
Emmené par deux puissants colosses
Deux robots aux allures féroces
Les gendarmes de cette société
Où Mad Max est broutille à côté
Sur ma route je rencontre au passage
Des humains aux étranges visages
Ces gens-là sont les purs descendants
D’un papa et d’une vraie maman
Toute la vie, ils nous ont fait la guerre
Soi-disant pour purifier la terre
Des robots, des clônes et des bâtards
Dont nous sommes, paraît-il, un milliard
Les humains sont de viles personnes
Ils nous chassent, nous tuent, nous emprisonnent
Ils sont tous cousins et revendiquent
Tous le même arbre généalogique
On raconte que dans le temps jadis
Ils vivaient dans le luxe et le vice
Et le comble de l’horreur et du mal
Les femelles couchaient avec les mâles
Heureusement, dans les années deux mille
Nos sauveurs et leurs forces tranquilles
A Paris, puis dans tous les pays
Ont mis fin à cette gabegie
Je suis né dans un laboratoire
Et je meurs non pas dans un mourroir
Mais en homme paisible et consentant
C’est super de partir proprement
Je ferme les yeux et je souris
Je revois le film de ma vie
Quand soudain au fond de mon écran
J’aperçois un tout petit enfant
Pas de mère noire pas de père jaune
Pas de gosse élevé par des clônes
Seulement un téléphone qui vibre
Et un homme qui se réveille libre
D’un père jaune et d’une femme noire
Et comme qui dirait le professeur
J’ai deux-cent-cinquante frères et sœurs
Mes parents sont deux clônes insipides
Deux bipèdes mâles et apatrides
Qui ont fait de moi ce que je suis
Un paumé qui se cherche aujourd’hui
Ce matin, encore plus je gamberge
Car je viens d’avoir soixante berges
Et je dois quitter notre foyer
Pour aller me faire euthanasier
Emmené par deux puissants colosses
Deux robots aux allures féroces
Les gendarmes de cette société
Où Mad Max est broutille à côté
Sur ma route je rencontre au passage
Des humains aux étranges visages
Ces gens-là sont les purs descendants
D’un papa et d’une vraie maman
Toute la vie, ils nous ont fait la guerre
Soi-disant pour purifier la terre
Des robots, des clônes et des bâtards
Dont nous sommes, paraît-il, un milliard
Les humains sont de viles personnes
Ils nous chassent, nous tuent, nous emprisonnent
Ils sont tous cousins et revendiquent
Tous le même arbre généalogique
On raconte que dans le temps jadis
Ils vivaient dans le luxe et le vice
Et le comble de l’horreur et du mal
Les femelles couchaient avec les mâles
Heureusement, dans les années deux mille
Nos sauveurs et leurs forces tranquilles
A Paris, puis dans tous les pays
Ont mis fin à cette gabegie
Je suis né dans un laboratoire
Et je meurs non pas dans un mourroir
Mais en homme paisible et consentant
C’est super de partir proprement
Je ferme les yeux et je souris
Je revois le film de ma vie
Quand soudain au fond de mon écran
J’aperçois un tout petit enfant
Pas de mère noire pas de père jaune
Pas de gosse élevé par des clônes
Seulement un téléphone qui vibre
Et un homme qui se réveille libre