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Je suis devenue ton Epousée aux iris de vice

rivière

Maître Poète
Je suis devenue ton Epousée aux iris de vice

Quand je t’ai connue,
ô mon impudique Lumière,
je n’étais qu’une jeune vierge
ignorante des jeux des de l’Amour,

je ne m’intéressais
qu’
aux couvertures des journaux de mode,
je n’avais de cesse

que d’obtenir
de mes parents
l’achat de robes de tulle,
de bas de soie, d’escarpins,

ou d’autres babioles
qui font de la Femme
un simple objet pour le plaisir des hommes,
contre la promesse de leur obéir en tous points.

En ce jour de mai béni
par les déesses,
t’en souviens-tu,
ô mon Impératrice de Lumière,

le Loir étincelait de beauté
sur la paroisse des bois et des chemins,
les cloches sonnaient à la volée
l’hymne de beauté des saisons.

Tu me conduisis, toi ma voisine,
en ton gynécée
empli de tentures de brocart,
pour me montrer quelque objet,

arrivée dans ta chambre,
devant ta couche,
tu déposas sur ma bouche
le refrain d’un baiser,

tu me poussas délicatement
dessus quelques soieries éparses,
puis
tes paumes ôtèrent peu à peu

chacun de mes vêtements,
surprise et curieuse,
je me soumis à ton joug
si joyeux.

Tu me rejoignis, nue comme moi,
tu m’allongeas sur le dos,
puis, tu me chevauchas,
seins contre seins, cuisses contre cuisses,

tes lèvres découvrirent
l’innocence de mes mamelons,
la clarté triomphante de mon pertuis,
et tu honoras le continent de mes sens,

ta lippe magnifia
le lys de mon clitoris,
grisée, je bramai des motets de liesse
jusqu’aux cimes des bocages,

rendue hardie,
tu introduisis sournoisement
trois doigts
en ma matrice,

tu recommenças tant et tant
que
ma chair
devint Jouissance,

peu après,
je sacralisai l’encens de ma cyprine
que
tu oignis de ta Grâce.

Depuis,
ma Sainte, ma Béatitude,
je suis devenue ta garce,
ton Epousée aux iris de vice !

Sophie Rivière

 
Ce que j'adore en particulier dans tes poèmes,
c'est que le lecteur doit prendre le temps de la respiration pour comprendre l'idée, l'émotion.
A chaque fois, je me plais à le faire et alors, je te comprends mieux et prends donc le temps du moment.
C'est là, où deviennent magiques tes poèmes. Ils sont lumières de l'univers.
Quand on prend la pause. tu vois là......... juste l'instant.....Au firmament...Quand la Lune rousse se place à l'horizon...Tu vois, tu vois ????
Placer le mot, laisser une larme chuter.
L'amour s'inviter, le feu d'artifice en bal s'ouvre sous le feu de l'écrit.
Magique...Quoi...

Merci du propos.
Loïc ROUSSELOY
 
Merci beaucoup Loïc pour l'extrême gentillesse de ton message.

Tu es si élogieux quand te lisant je deviens presque rouge de confusion,
presque gênée, car peu de personnes me parlent ainsi.

Tu as su très bien expliquer ce que je veux faire passer dans mes
poésies saphiques : montrer que ces textes magnifient la Femme,
sa Jouissance, vers le "firmament" pour reprendre ton terme si beau,
et "l'amour s'inviter".

Merci encore pour tout.

Bisous.

Sophie
 
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