isa90
Maître Poète
Je me suis fait couper les cheveux
L’automne… son lot d’humidité et de brouillard matinal
Mets notre cœur en berne, donne un coup bas à notre moral
Mon corps rafraîchi sent les courbatures dès le réveil
La grisaille remplit ma chambre, je n’ai plus sommeil.
Je me suis fait couper les cheveux, jouer la fashion victim
Vite de la couleur, du blond, un noisette et un auburn orangé
J’avais envie que mon sourire perdu à nouveau se réanime
Comme un adolescente, j’ai laissé la coiffeuse s’amuser.
Non madame, m’a-t-elle dit, je ne peux pas vous garder de la longueur
Pour du volume il fait couper, sinon la masse donne de la lourdeur
Et les pointes voyez vous, impossible, visez ces fourches, un massacre
En sentant les coups de ciseaux, je fermais les yeux, implorant grâce.
Je me suis fait couper les cheveux, j’ai choisi un modèle dans un magazine
Je sais que je ne retrouverai pas mes vingt ans comme la gamine sur la photo
Même avec des crèmes, avec du maquillage et bourrée de vitamines
Les souvenirs entassés ajoutent une charge supplémentaire à notre sac à dos.
J’ai vu les mèches tomber les unes après les autres sur le sol carrelé
Mon dieu, me suis-je dit, va-t-il m’en rester assez
Puis le sèche cheveux s’est mis à jouer avec mes boucles naturelles
Sous son souffle chaud, je me sentais enfin libre et belle.
Je me suis fait coup les cheveux, envie de jouer les douces ingénues
Séduire à nouveau mon mari, dans son regard trouver de l’approbation
Mon cœur bat la chamade, va-t-il adorer ou tomber des nues
Mes pas ressentent une légère hésitation en rentrant à la maison.
Coupe moderne, féminine et bouclée, il en faut peu pour retrouver le moral
Envie de me prendre, avec toi, pour la plus audacieuse des femmes fatales
Un peu des blush, d’ombres à paupière, et un rouge à lèvres, le tour est joué
Décoiffe moi vite mon amour, j’ai envie que tu commences par m’embrasser…
Isabelle