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Je domptais les voyelles des nuages, le tonnerre et les flots

rivière

Maître Poète
Je domptais les voyelles des nuages, le tonnerre et les flots

Je domptais les voyelles des nuages, le tonnerre et les flots,
le Soleil s’agenouillait dès que je paraissais,
les ciels d’azur et le vent caressaient l’arc-en-ciel de mon harmonie,
les étoiles et la lune éclairaient sans cesse le printemps de mon visage,

les oiselles me ceignaient de Grâce avec leurs chants mélodieux,
des jeunes femmes accouraient de par le Monde,
émerveillées par les roses de ma Beauté,
et couronnaient la royauté de ma Douceur.

J’étais l’Impératrice de l’Univers,
j’étais enviée, et adulée,
cependant, je n’avais pas réussi à capturer ton coeur,
ô ma Sirène, ma Muse,

je t’ai conviée en ma Cour,
à ton approche,
des trouvères ont psalmodié le dais de ta Magnificence,
et les hymnes de ta sensualité,

mais tu as haussé les épaules, dédaigneuse, hiératique,
et tu es repartie en ta province du Maine,
là où coulent l’Ire et le Loir,
que devais-je faire pour te plaire ?

Je t’ai envoyé des hérauts d’armes, et des chevaliers
pour t’offrir des soieries d’Orient, des perles d’opales,
et l’éphéméride de mes joyaux,
tu les as repoussés.

Je me suis dépouillée de tous mes atours,
j’ai abandonné tous mes titres,
j’ai cheminé des lieues durant, vers Toi,
vêtue simplement de ma micro-robe, de mes bas,

et chaussée de mes hauts talons.
Arrivée près de ta borde,
j’ai composé à ton intention une ode saphique,
avec les assonances de ma douleur, et les rimes de ma pureté

que je t’ai lue, agenouillée, face aux sceaux du Midi.
Tu es sortie alors, émue, tu m’as adoubée de ton Amour,
et, à même les herbes, nous nous sommes aimées jusqu’à la brune.
Depuis lors, je suis Tienne à jamais !

Sophie Rivière

 
Quand le ciel descend
se met à genoux,
l'Amour s'étend
bordé velours!

Merci Sophie, bises Poly
 
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