rivière
Maître Poète
J’ai vu surgir les corolles ardentes de ta concupiscence
Cette nuit,
dès ton entrée en ma borde,
je t’ai enlacée,
je t’ai entraînée
sans mot dire
dans l’antre de ma chambre,
et
dessus
l’hymne de ma couche,
j’ai vu surgir,
ô
mon âme,
dessous
les guipures de ta lingerie
les émaux de tes sèves, et
les corolles ardentes
de
ta concupiscence.
J’ai humé
l’écume de ton corps
que j’ai dénudé,
alors que montait dans le silence
l’émoi de ta sensualité,
tu m’as fixée, suppliante,
mais,
nue
comme le vent des forêts,
à genoux
parmi
le lac de tes iris,
j’ai continué mon œuvre, implacable.
Je t’ai enveloppée
de l’amphore de mes bras,
ma lippe a chanté
des heures durant
le vin précieux de tes seins,
ensuite,
rendue folle de Désir,
j’ai possédé
le temple de ton clitoris
et
les lys de ton vagin,
tu as rugi de plaisir,
hoqueté, crié, sangloté
la pureté de nos amours si féminines,
enfin,
à même
l’ivresse de ta Grâce,
j’ai récolté
la splendeur de ton nectar d’amour
que nous avons bu,
entrelacées
l’une dans l’autre
jusqu’aux rivages de l’aurore.
Sophie Rivière