Somnambule
Nouveau poète
J'affirme.
J'affirme qu'au matin sur les arrêts de bus
des millions de pantins immobiles se plantent,
que le bruit se fait jour et se répand qu'ils mentent
et se refont le tour connu des poupées russes.
J'affirme que je suis parfois l'un des fantoches
de mon regard de suie, que je le trouve beau,
que je la trouve belle et que tant que la faux
de la mort étincelle à son dos, j'en suis proche.
J'affirme que l'angoisse a gagné tout Paris,
que ruisselle sa poisse à la ville, en province,
qu'à Singapour aussi l'on se craint, l'on se pince
et que rien n'est ici moins vrai qu'à Miami.
J'affirme qu'on se lève avec des yeux de lave
et qu'on parcourt les brèves un peu comme on rend l'âme,
comme on éteint le feu que notre sève enflamme,
avec aux lèvres un peu de tristesse et de bave.
J'affirme qu'un fruit sec a pris toute la pluie,
qu'à l'horizon la Mecque a disparu, je crois
que la pluie usera le pallium et la croix,
que le temps nous aura sans nous vouloir en vie.
23.03.11
J'affirme qu'au matin sur les arrêts de bus
des millions de pantins immobiles se plantent,
que le bruit se fait jour et se répand qu'ils mentent
et se refont le tour connu des poupées russes.
J'affirme que je suis parfois l'un des fantoches
de mon regard de suie, que je le trouve beau,
que je la trouve belle et que tant que la faux
de la mort étincelle à son dos, j'en suis proche.
J'affirme que l'angoisse a gagné tout Paris,
que ruisselle sa poisse à la ville, en province,
qu'à Singapour aussi l'on se craint, l'on se pince
et que rien n'est ici moins vrai qu'à Miami.
J'affirme qu'on se lève avec des yeux de lave
et qu'on parcourt les brèves un peu comme on rend l'âme,
comme on éteint le feu que notre sève enflamme,
avec aux lèvres un peu de tristesse et de bave.
J'affirme qu'un fruit sec a pris toute la pluie,
qu'à l'horizon la Mecque a disparu, je crois
que la pluie usera le pallium et la croix,
que le temps nous aura sans nous vouloir en vie.
23.03.11