Filiatus
Maître Poète
Lunettes cerclées, pipe aux lèvres
Bonnet rouge sur son front haut
Le "Commandant" scrute avec fièvre
Les bulles sous la Calypso
Il aide un plongeur qui remonte
Par paliers du fond de l'enfer.
Permettez, que je vous raconte
L'histoire d'un vieux loup de mer
Ce vieux marin, c'est Jacques-Yves
Qui a été enfant un jour
Et que les historiens écrivent
"J. Y. C.", pour faire court
Cousteau naît en mil neuf cent-dix
En périphérie de Bordeaux
Il est le deuxième fils
D'un grand avocat au barreau
Sa mère a une pharmacie
Où souvent les deux gosses vaquent
Cette fois-ci, je suis précis
C'est à Saint-André-de-Cubzac
La famille émigre à Marseille
Après un bref séjour aux "States"
Là, le jeune Cousteau s'essaye
À l'apnée dans le Cap Croisette
Après ses études primaires
Comme moussaillon, il embarque
Pour un voyage en haute-mer
Sur le croiseur la Jeanne-d'Arc
Il devient officier mais, vite
Plus que ses galons de satin
Une forte passion l'habite
Celle du monde sous-marin
Il veut y consacrer sa vie
Or, trouvant l'amour en chemin
Il va la consacrer aussi
À celle dont il veut la main
Avec deux amis fanatiques
Eux aussi de cet univers
Ils forment une belle clique
Qu'on surnomme "Les Mousquemers"
La guerre, hélas, vient mettre un terme
À cette joyeuse équipée
L'étau allemand se referme
Sur les Français préoccupés
Cousteau est basé à Marseille
En tant qu'officier-canonnier
Et de son bateau, il surveille
L'armée déchaînée du "Duce"
Puis, mis en "congé d'armistice"
Il part, la caméra au poing
Filmer épaves et abysses
À bord d'un récent sous-marin
Après la guerre, Cousteau glane
Diplômes et décorations
Grand prix au festival de Cannes
Et dans l'armée, nouveaux galons
À quarante ans, le milliardaire
Loël Guiness, lui fait cadeau
D'un bateau extraordinaire
Qui s'appelle "La Calypso"
Cousteau s'en va courir le globe
Avec des hommes d'expérience
Pour assurer le nouveau job
Filmer le "Monde du silence"
En mil neuf cent cinquante-six
Il revient avec des trésors
Et décroche tout près de Nice
La très convoitée Palme d'Or
Une année plus tard, il dirige
Un musée sur la Riviera
Et à près de cinquante piges
L'Amérique lui tend les bras
Oui mais la grande bleue lui manque
Lors, foin des honneurs éphémères
C'est au grand large des Calanques
Qu'il crée "la Maison sous la mer"
En souvenir des "volontaires"
Du bagne qui, en mer, plongeaient
Pour un salaire de misère
D'un rouge bonnet, il se vêt
Confiné dans son bathyscaphe
Cousteau étudie un parcours
Les yeux rivés au sismographe
Pour qu'un gazoduc voit le jour
De cet exploit subaquatique
Le pipeline Alger-Marseille
Il en fait un film historique
Titré "Le Monde sans soleil"
Dans les années soixante-dix
Le Commandant perd tour à tour
Un ami et son propre fils
Sans pouvoir leur porter secours
Profondément triste, il appelle
Près de lui, pour le seconder
Son deuxième fils, Jean-Michel
Qui vient sans se faire prier
En quatre-vingt, toujours en forme
Avec ses amis d'Amérique
Il propose un projet hors-norme
Construire un "Parc océanique"
Une sorte de Disneyland
Avant l'heure, excusez du peu
Oui mais les relations se tendent
Et l'idée est jetée au feu
S'ensuivent mille récompenses
Décernées par tous les pays
Aux U.S.A., bien sûr, en France
Jusqu'au sein des Nations-Unies
Les autorités new-yorkaises
Avec déférence l'accueillent
Et à l'Académie française
Il est élu dans un fauteuil
Fin mil neuf cent quatre-vingt-dix
La femme du Commandant meurt
Lors, Francine et Cousteau s'unissent
Six mois après ce grand malheur
C'est que Francine est sa maîtresse
Et déjà deux enfants, ils ont
Par cet acte, ils les reconnaissent
Et Cousteau leur donne son nom
À partir de cette période
Les relations avec son fils
Jean-Michel, peu à peu, s'érodent
Et à jamais s'anéantissent
Car, quand le Vieux part pour Neptune
À quatre-vingt-six ans passés
Il lègue héritage et fortune
À une société privée
Bonnet rouge sur son front haut
Le "Commandant" scrute avec fièvre
Les bulles sous la Calypso
Il aide un plongeur qui remonte
Par paliers du fond de l'enfer.
Permettez, que je vous raconte
L'histoire d'un vieux loup de mer
Ce vieux marin, c'est Jacques-Yves
Qui a été enfant un jour
Et que les historiens écrivent
"J. Y. C.", pour faire court
Cousteau naît en mil neuf cent-dix
En périphérie de Bordeaux
Il est le deuxième fils
D'un grand avocat au barreau
Sa mère a une pharmacie
Où souvent les deux gosses vaquent
Cette fois-ci, je suis précis
C'est à Saint-André-de-Cubzac
La famille émigre à Marseille
Après un bref séjour aux "States"
Là, le jeune Cousteau s'essaye
À l'apnée dans le Cap Croisette
Après ses études primaires
Comme moussaillon, il embarque
Pour un voyage en haute-mer
Sur le croiseur la Jeanne-d'Arc
Il devient officier mais, vite
Plus que ses galons de satin
Une forte passion l'habite
Celle du monde sous-marin
Il veut y consacrer sa vie
Or, trouvant l'amour en chemin
Il va la consacrer aussi
À celle dont il veut la main
Avec deux amis fanatiques
Eux aussi de cet univers
Ils forment une belle clique
Qu'on surnomme "Les Mousquemers"
La guerre, hélas, vient mettre un terme
À cette joyeuse équipée
L'étau allemand se referme
Sur les Français préoccupés
Cousteau est basé à Marseille
En tant qu'officier-canonnier
Et de son bateau, il surveille
L'armée déchaînée du "Duce"
Puis, mis en "congé d'armistice"
Il part, la caméra au poing
Filmer épaves et abysses
À bord d'un récent sous-marin
Après la guerre, Cousteau glane
Diplômes et décorations
Grand prix au festival de Cannes
Et dans l'armée, nouveaux galons
À quarante ans, le milliardaire
Loël Guiness, lui fait cadeau
D'un bateau extraordinaire
Qui s'appelle "La Calypso"
Cousteau s'en va courir le globe
Avec des hommes d'expérience
Pour assurer le nouveau job
Filmer le "Monde du silence"
En mil neuf cent cinquante-six
Il revient avec des trésors
Et décroche tout près de Nice
La très convoitée Palme d'Or
Une année plus tard, il dirige
Un musée sur la Riviera
Et à près de cinquante piges
L'Amérique lui tend les bras
Oui mais la grande bleue lui manque
Lors, foin des honneurs éphémères
C'est au grand large des Calanques
Qu'il crée "la Maison sous la mer"
En souvenir des "volontaires"
Du bagne qui, en mer, plongeaient
Pour un salaire de misère
D'un rouge bonnet, il se vêt
Confiné dans son bathyscaphe
Cousteau étudie un parcours
Les yeux rivés au sismographe
Pour qu'un gazoduc voit le jour
De cet exploit subaquatique
Le pipeline Alger-Marseille
Il en fait un film historique
Titré "Le Monde sans soleil"
Dans les années soixante-dix
Le Commandant perd tour à tour
Un ami et son propre fils
Sans pouvoir leur porter secours
Profondément triste, il appelle
Près de lui, pour le seconder
Son deuxième fils, Jean-Michel
Qui vient sans se faire prier
En quatre-vingt, toujours en forme
Avec ses amis d'Amérique
Il propose un projet hors-norme
Construire un "Parc océanique"
Une sorte de Disneyland
Avant l'heure, excusez du peu
Oui mais les relations se tendent
Et l'idée est jetée au feu
S'ensuivent mille récompenses
Décernées par tous les pays
Aux U.S.A., bien sûr, en France
Jusqu'au sein des Nations-Unies
Les autorités new-yorkaises
Avec déférence l'accueillent
Et à l'Académie française
Il est élu dans un fauteuil
Fin mil neuf cent quatre-vingt-dix
La femme du Commandant meurt
Lors, Francine et Cousteau s'unissent
Six mois après ce grand malheur
C'est que Francine est sa maîtresse
Et déjà deux enfants, ils ont
Par cet acte, ils les reconnaissent
Et Cousteau leur donne son nom
À partir de cette période
Les relations avec son fils
Jean-Michel, peu à peu, s'érodent
Et à jamais s'anéantissent
Car, quand le Vieux part pour Neptune
À quatre-vingt-six ans passés
Il lègue héritage et fortune
À une société privée
Pièces jointes
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