consty91
Nouveau poète
Si ton ciel bleu se charge de noirceurs
Et que les senteurs du vent deviennent puanteurs
C’est que la terre ne s’est pas remise de sa maladie,
Et je crains qu’elle ne redevienne jamais paradis.
Sa maladie a commencé le jour où, nostalgique du futur,
L’Homme a rêvé de posséder la nature.
Et depuis, nous vivons ce fameux rêve,
Tantôt délices infinies, tantôt enfer sans trêve
Et depuis, les possesseurs de la nature sont là,
Avec leur précieux rêve qui n’en finit pas.
Je ne sais pas combien de temps il va durer
Mais j’ai bien peur qu’il nous fasse crever.
Ils sont très fiers d’être si puissants,
Et si fous de rage d’avoir des concurrents,
Qu’ils font la promesse toujours tenue,
De pulvériser tous les mal venus.
Alors à grands coups de mines de haine,
Tel un orage fou qui se déchaine,
Ils explosent les champs de labeur de mon vieux père
Et s'étonnent de ne plus les voir verts
Les champs de mon vieux père dans le néant,
Ils y font pousser un champignon géant
Qui sème la mort cent lieues à la ronde
Et transforme les jardins de verdure en dépotoir immonde.
On m’a dit que j’étais trop pessimiste,
Et que le monde appartient aux optimistes.
On m’a dit aussi que le fruit de la vie est trop doux
Et qu’il fallait le croquer jusqu’au bout.
Mais quand je pense aux affamés de demain,
A ceux qui risquent un cauchemar sans fin…
J’en prends un coup. Mais je ferme les yeux pour me rassurer
Et chaque jour je continue d’espérer.