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Il n'y a pas que les coups qui laissent des trâces

IRIS1950

Maître Poète
Ce n’est pas en me cachant dans un buisson
Que je cacherais cette vision
De ces ecchymoses qui sont gravés
Dans ma peau endolorie
Mais en écrivant en lettres capitales
Ces mots qui ont fleuris
Sur mes lèvres « halte »
Comme un mal de notre siècle,
Le sauvage a laissé ses marques
Comment s’appelait-il, « Eugène, Marc »
C’est pour moi du pareil au même.
Ils nous prennent notre liberté
Parce qu’ils nous croient inférieures à eux,
Ils nous dégradent en nous traitant comme des chiennes
Hurlant sur nous « insanités »
Et, nous font éprouver de la peine
Mais ce soir, je me suis rebellée
Les coups ont plu mais d’hier l’infâme,
M’a fait me sentir femme.
Ce que je faisais avec mollesse,
M’a fait voir cette bassesse
Je ne dois pas m’éparpiller et me sentir dégradée,
Mais agir, et écrire sur la feuille,
Ma douleur, pour que demain, comme dans un recueuil
Dans d’autres yeux langoureux,
Ce soit pour moi un autre devenir.
Voir dans tes yeux,
Que je suis une femme libre
D’aimer à nouveau et pouvoir vivre.
Dévorer à nouveau cette prose
À l’eau de rose
Qui me fera me sentir belle,
Et redevenir Isabelle.


IRIS 1950
 
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