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Il faut sauver Slimane

al1oulautre

Nouveau poète
En colère je l'ai vu souvent
après les passants qui venaient à passer,
après le vin qui venait à manquer,
mais après son Dieu jamais,
et pourtant il aurait de quoi faire !
Naît pas clochard qui peut,
n'est pas Slimane qui veut !

Parfois il arrive même à s'excuser de déranger
de la précarité de son précaire,
du précaire de sa précarité!
Et la seule plainte
que je lui connais sur sa Misère,
c'est, de Très Haut, la Peine
dans le regard de sa Mère!
Naît pas clochard qui peut,
n'est pas Slimane qui veut !

De ma honte d'indifférence
pour mon regard détourné,
naît celle du seul courage trouvé
d'une prière à sa Mère:
"Puisse son Fils, le Jour Venu ,
au côté d'Abraham,
ne point lui faire détourner
son regard de la promesse
de Salut pour mon Ame"
Il faut sauver Slimane !
 
Le regard méfiant, fatigué et triste, il fuit la foule
Cachant dans son visage fermé ses émotions qu’il refoule
Mains tremblantes et sales, enflées par les engelures
Il cherche dans les « grises » vêtements et nourriture
Son lit est en carton, il dort sans les siens comme un vaurien
Vit d’amertume parce que sa vie n’est plus rien…
Ne sait pas où il va ni quelle âme charitable il rencontrera
Ne sait pas quand il mangera et encore moins si un jour on l’aimera…
Considéré par la majorité comme un « bizarre, un marginal » sans adresse
On oublie de le protéger, lui prêter un sourire, lui donner un peu de tendresse
Il vit de ses souvenirs déterrés, remémorés d’un lointain passé
Se réfugie dans l’alcool, voire la drogue, il est condamné par la société
Dans la rue, les parcs, les gares, on le dit pauvre âme« perdue d’avance »
Mais il n’est pas qu’un corps, c’est un humain en vie, avec un cœur en errance
Pourvu que son regard ne soit pas insistant… on se sent gêné et impuissant
On soulage notre conscience avec une petite pièce ou un ticket restaurant
Ça nous libère, mais quelque chose continue de nous ronger la conscience
Ce n’est pas notre faute, pas la sienne probablement, mais lui, il souffre en silence
On dépose à ses pieds, en un geste furtif un casse dalle sans même le regarder
On n’attend surtout son merci de peur que ne lui vienne l’envie de nous parler
Et pourtant…ce n’est pas parce qu’il est dans la rue qu’il n’a plus la parole
Tiens, tu serais surpris de savoir comment il connaît par cœur les paraboles
Les brebis, les chèvres, les vierges, et comment il sait parler du bon samaritain
Tu vois…tu pense que c’est lui qui a faim,…mais finalement il t’en bouche un coin…
Il t’apprend que « l’homme ne vit pas seulement de pain »…mais il est révolté va s’en dire..
Parce sans maison, sans travail, sans argent…il ne sait pas de quoi sera fait avenir…
En attendant le sauveur, le salut de son âme
Dans les villes de solitude on continuera à croiser des Slimane.
Pour ceux qu’on oublie peu à peu et qui pourtant sont sous nos yeux…
MERCI pour le message de cette poésie qui les années passant, est malheureusement toujours d’actualité.
 
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