catimini
Nouveau poète
Il porte sur la tête, l'humiliation suprême, Un bonnet d'âne digne d'un musicien de Brême. L'heure a sonné le début de l'exécution, La cour paraît immense, c'est la récréation. Il porte autour du cou, l'humiliation suprême, Une phrase sur un carton, notée à l'encre cruelle. Ses larmes ont séché sur son visage blême : "Fillettes, je suis un cancre, un déchet, un rebelle". Il a tiré la langue pour ses pleins, ses déliés. Une Sergent-major trempée dans l'encrier. Petite traîtresse, des doigts, lui a échappé, Fugace liberté, par le maître, mâtée. Un coup de règle précis, cinglant cette fantaisie, Une giffle assortie pour "audace et folie". Il avait tout saisi, il ne comprend plus rien, Cette leçon de morale, notée au grand tableau : "Respect à tes camarades et Respect aux anciens, Ainsi tu te tiendras aux abords du préau". Le message était clair, l'application aisée, Mais le voila maintenant prostré, humilié, Face à la cour des filles au regard méprisant, N'ont-elles rien à faire que de rire bêtement ? Son esprit s'évade, il attend ses seize ans, Quitter cet enfer, ces morales mensongères. Devenir un Homme en travaillant vraiment, Gagner un salaire et épater son père, Rejoindre enfin les rangs et voir sourire sa mère. Cath.