lepoetedusud
Nouveau poète
Il est temps que je parte, et le crépuscule me suit La valise joue son art, et mon regard me fuit Courage insensible, abandonne mon morne coeur Sous les traits lunaires, je verse de tendres pleurs Les étoiles semblent avoir terni leur eclat Les indices du ciel ne me concernent plus Même les divinites n'ont plus d'emprise sur moi Je suis mort en ce jour de fête sous les nues La terre craque sous mes pas et les arbres se vautrent Je sens l'acide de ses bras soulager mes bonheurs Je sens que son parfum n'appartient plus qu'aux autres Et que ses yeux chargés ont achevé mon coeur O ciel! Je ne vois que ma misère! O ciel! Foudroie moi cette fois pour me reprendre Je ne puis plus me livrer à ces remous du fiel La flamme qui me consume ma réduit tout de cendres Pourtant, quand j'entend son rire, chanter avec la rivière Je ne peux que m'eprendre de doux sentiments Qui m ont jadis perdu, moi le seul vrai, le seul franc, le seul sincere Qui protégeait une âme que grisait chacun des vents Baisse ta voile, une dernière fois pour que renaisse ma passion Attends mes soupirs qui te poursuivent sans relâche Puis abandonne moi, aussi vite quil se peut, que je touche le fond Que jetreigne la mort, qui ne prendra point tel lâche Coeur errant sur les sentiers douloureux Coeur solitaire sous la voûte céleste Il ny a point d'homme plus haineux Envers lui même, que le ciel l'atteste! Mes affaires sont en règle, je ne me retournerai de sitôt On donne déjà ma messe, payée par le seul fardeau Que dieu ma donné pour bénédiction; je crois bien Que le son des cors, les cris des loups se sont mêlés au tocsin O ma délicate! Je suis ton Acteon! Jai eu le doux malheur De te connaître mieux que quiconque, et ainsi ai je gagné Le droit d'être par les frissons de mon âme, les brèches de ma raison, dévoré Nul ne peut s'approcher si près sans tressaillir; au clair de lune jai vu ton coeur Je ne suis qu'un garde nomade, poussé par tes réveils Qui ne savent eclorent que quand manque le soleil Pour minonder encore de la perfection de t'aimer Et menfoncer un peu plus dans les sables cruels ou je me suis baigné