Filiatus
Maître Poète
Le dénommé Henri Charrière
Est un ancien mauvais garçon
Qui s'est rendu très populaire
Sous le surnom de Papillon
Condamné dans les années trente
À perpétuité dans un bagne
Il s'en échappe vers cinquante
Et dans un ouvrage, il témoigne
Mais dans son livre il nie son crime
Et sa bio est enjolivée
Aussi je vais en quelques rimes
Tenter de la revisiter
Henri naît dans la belle Ardèche
Là-même où est né mon grand-père
Dans les vallées chaudes et sèches
Qui serpentent vers la Lozère
Ses parents sont instituteurs
[instituteur.trice], on choisit
Le style inclusif, c'est l'horreur
Quand on fait de la poésie
Ils sont mutés près d'Aubenas
C'est là que notre Henri grandit
Et que sa mère meurt hélas
De fulgurante maladie
Quand éclate la Grande guerre
Le gamin est mis en pension
Puis devient, privé de son père
Un pupille de la nation
À dix-neuf ans Henri s'engage
Pour trois années dans la marine
Et s'affuble du tatouage
D'un papillon sur la poitrine
Comme c'est une forte tête
Au prix d'un pouce mutilé
En avril mil neuf cent vingt-sept
Il doit se faire réformer
Il retourne vivre en Ardèche
Et travaille de-ci, de-là
Mais en Ardèche, il bat la dèche
Et pour Paris, pauvre il s'en va
Avec sa copine Nénette
Il survit de petits larcins
Jusqu'au jour où un proxénète
Réclame sa part du butin
Un coup de feu troue le silence
Et le vil petit coq s'écroule
Sur le trottoir, sans connaissance
À l'endroit où bossaient ses poules
"Qui donc a tiré ?", lui demande
Un commissaire à son chevet
Et avant que l'âme il ne rende
Il dit : "C'est Papillon Roger"
Malgré le prénom qui diffère
Pour les flics c'est une évidence
Le coupable est Henri Charrière
Bien qu'il clame son innocence
Le sept avril mil neuf cent-trente
Papillon se voit condamné
À finir sa vie de mort lente
Au fond d'un bagne guyanais
En trente-quatre, Henri s'évade
Mais vite tombe entre les griffes
Des gringos qui toujours extradent
Vers la France les fugitifs
Il passe deux ans en cellule
Sur l'aride île Saint-Joseph
Et finit par coincer la bulle
En qualité d'un infirmier-chef
Une nuit de quarante-quatre
Il s'évade vers Caracas
Rencontre une belle mulâtre
Propriétaire d'un palace
Auprès de sa vénézuélienne
Henri attend tout simplement
Que la prescription de sa peine
Soit effective dans dix ans
En mil neuf cent soixante-sept
Henri à soixante et un ans
Il sait qu'il a payé sa dette
Dans le pays de ses parents
Il foule la terre de France
Au bout de trente années d'exil
Et comme prévu à l'avance
Les juges le laissent tranquille
Très vite il se met à l'ouvrage
Pour décrire, non sans talent
Cette aventure d'un autre âge
D'un bagne fermé à présent
En soixante-neuf sort son œuvre
Aux éditions Robert Laffont
Et cette œuvre est un vrai chef-d'œuvre
Les ventes crèvent les plafonds
Plus de deux millions d'exemplaires
Sont achetés en quelques mois
Et voilà notre Henri Charrière
Aussi célèbre que les rois
Tandis que l'amnistie enfin
Le président Pompidou Georges
Le pauvre Henri lutte sans fin
Contre une tumeur à la gorge
Histoire fausse ou vraisemblable
Vrai baroudeur ou fanfaron ?
Vers le bon dieu ou bien le diable
S'envole ce vieux Papillon
Est un ancien mauvais garçon
Qui s'est rendu très populaire
Sous le surnom de Papillon
Condamné dans les années trente
À perpétuité dans un bagne
Il s'en échappe vers cinquante
Et dans un ouvrage, il témoigne
Mais dans son livre il nie son crime
Et sa bio est enjolivée
Aussi je vais en quelques rimes
Tenter de la revisiter
Henri naît dans la belle Ardèche
Là-même où est né mon grand-père
Dans les vallées chaudes et sèches
Qui serpentent vers la Lozère
Ses parents sont instituteurs
[instituteur.trice], on choisit
Le style inclusif, c'est l'horreur
Quand on fait de la poésie
Ils sont mutés près d'Aubenas
C'est là que notre Henri grandit
Et que sa mère meurt hélas
De fulgurante maladie
Quand éclate la Grande guerre
Le gamin est mis en pension
Puis devient, privé de son père
Un pupille de la nation
À dix-neuf ans Henri s'engage
Pour trois années dans la marine
Et s'affuble du tatouage
D'un papillon sur la poitrine
Comme c'est une forte tête
Au prix d'un pouce mutilé
En avril mil neuf cent vingt-sept
Il doit se faire réformer
Il retourne vivre en Ardèche
Et travaille de-ci, de-là
Mais en Ardèche, il bat la dèche
Et pour Paris, pauvre il s'en va
Avec sa copine Nénette
Il survit de petits larcins
Jusqu'au jour où un proxénète
Réclame sa part du butin
Un coup de feu troue le silence
Et le vil petit coq s'écroule
Sur le trottoir, sans connaissance
À l'endroit où bossaient ses poules
"Qui donc a tiré ?", lui demande
Un commissaire à son chevet
Et avant que l'âme il ne rende
Il dit : "C'est Papillon Roger"
Malgré le prénom qui diffère
Pour les flics c'est une évidence
Le coupable est Henri Charrière
Bien qu'il clame son innocence
Le sept avril mil neuf cent-trente
Papillon se voit condamné
À finir sa vie de mort lente
Au fond d'un bagne guyanais
En trente-quatre, Henri s'évade
Mais vite tombe entre les griffes
Des gringos qui toujours extradent
Vers la France les fugitifs
Il passe deux ans en cellule
Sur l'aride île Saint-Joseph
Et finit par coincer la bulle
En qualité d'un infirmier-chef
Une nuit de quarante-quatre
Il s'évade vers Caracas
Rencontre une belle mulâtre
Propriétaire d'un palace
Auprès de sa vénézuélienne
Henri attend tout simplement
Que la prescription de sa peine
Soit effective dans dix ans
En mil neuf cent soixante-sept
Henri à soixante et un ans
Il sait qu'il a payé sa dette
Dans le pays de ses parents
Il foule la terre de France
Au bout de trente années d'exil
Et comme prévu à l'avance
Les juges le laissent tranquille
Très vite il se met à l'ouvrage
Pour décrire, non sans talent
Cette aventure d'un autre âge
D'un bagne fermé à présent
En soixante-neuf sort son œuvre
Aux éditions Robert Laffont
Et cette œuvre est un vrai chef-d'œuvre
Les ventes crèvent les plafonds
Plus de deux millions d'exemplaires
Sont achetés en quelques mois
Et voilà notre Henri Charrière
Aussi célèbre que les rois
Tandis que l'amnistie enfin
Le président Pompidou Georges
Le pauvre Henri lutte sans fin
Contre une tumeur à la gorge
Histoire fausse ou vraisemblable
Vrai baroudeur ou fanfaron ?
Vers le bon dieu ou bien le diable
S'envole ce vieux Papillon