benoit la plume
Maître Poète
GILET JAUNE
Elle promenait deux grands chiens blancs,
Sans laisse pour effrayer les gens,
Et parlait avec les objets,
Voulant passer pour dérangée.
C’était pourtant une combattante
Qui passait l’été sous la tente,
Se baignant nue au lac Léman,
Puis se rinçant à l’eau d’Evian.
Une combattante qui explosa
Quand sa colère galvanisa
Ceux qui ne disaient jamais rien ;
Elle leur offrit l’été indien.
Dans les manifs de gilets jaunes
Elle s’érigea œil du cyclone,
Et tout se mit à déraper,
On commença à dépaver.
Dans les fumées des lacrymos,
Telle une danseuse de flamenco,
Elle ondulait à pas rythmés
Et même les flics l’encourageaient.
Elle fut gaulée à l’Acte Trois,
Coincée par cinq flics en surpoids,
Pour une poubelle incendiée
Ou pour un masque de plongée.
Quand on la mit dans sa cellule
Elle a hurlé comme un pit-bull,
Puis sur les murs de la prison
Elle écrivit « Merde à Macron ».
Trois jours gardée puis relâchée,
D’une lourde amende fut condamnée
En comparution immédiate
Qui mit son budget sur trois pattes.
Sous son gilet elle riait jaune,
Sans regretter ce bel automne
Qui fit souffler sur les nantis
Le chant colère des mal nourris.
Lui avaient-ils coupé les ailes
En la frappant à l’escarcelle ?
Naïveté en arquebuse
De ceux qui dansent sur le Vésuve.
Ces deux chiens blancs lui firent la fête,
Elle les ressort toujours sans laisse,
Mais ne parle plus qu’aux réverbères
Où l’on pendra les grands d’la terre.
Cette longue fille aux deux chiens blancs
A traversé la nuit des temps.
De Spartacus à la Bastille
Elle est la révolte qui brille.
Elle promenait deux grands chiens blancs,
Sans laisse pour effrayer les gens,
Et parlait avec les objets,
Voulant passer pour dérangée.
C’était pourtant une combattante
Qui passait l’été sous la tente,
Se baignant nue au lac Léman,
Puis se rinçant à l’eau d’Evian.
Une combattante qui explosa
Quand sa colère galvanisa
Ceux qui ne disaient jamais rien ;
Elle leur offrit l’été indien.
Dans les manifs de gilets jaunes
Elle s’érigea œil du cyclone,
Et tout se mit à déraper,
On commença à dépaver.
Dans les fumées des lacrymos,
Telle une danseuse de flamenco,
Elle ondulait à pas rythmés
Et même les flics l’encourageaient.
Elle fut gaulée à l’Acte Trois,
Coincée par cinq flics en surpoids,
Pour une poubelle incendiée
Ou pour un masque de plongée.
Quand on la mit dans sa cellule
Elle a hurlé comme un pit-bull,
Puis sur les murs de la prison
Elle écrivit « Merde à Macron ».
Trois jours gardée puis relâchée,
D’une lourde amende fut condamnée
En comparution immédiate
Qui mit son budget sur trois pattes.
Sous son gilet elle riait jaune,
Sans regretter ce bel automne
Qui fit souffler sur les nantis
Le chant colère des mal nourris.
Lui avaient-ils coupé les ailes
En la frappant à l’escarcelle ?
Naïveté en arquebuse
De ceux qui dansent sur le Vésuve.
Ces deux chiens blancs lui firent la fête,
Elle les ressort toujours sans laisse,
Mais ne parle plus qu’aux réverbères
Où l’on pendra les grands d’la terre.
Cette longue fille aux deux chiens blancs
A traversé la nuit des temps.
De Spartacus à la Bastille
Elle est la révolte qui brille.