.../...
D'abord, on entendit une sourde pulsion,
Un tempo engendré par cette confusion
Comme un compte à rebours issu d'une obsession.
Cherchant en ses tréfonds sa confusion intime,
Le ciel revendiquait son essor légitime
A partir de la parcelle la plus infime.
Tout s'agitait, tout frémissait, tout s'emballait !
Les électrons, tantôt maîtres, tantôt valets,
Poussaient les atomes à un vaste ballet.
De ce déchaînement aux essences premières,
De cette fournaise jaillit, ô Pouponnière,
Des rayons de beauté, des torrents de lumière.
Des tempêtes de feu explosant des confins,
Des gerbes de flammes criaient toutes enfin !
Heureuses d'échapper à leurs mortels couffins.
C'était un spectacle grand et impitoyable !
C'était magnifique, prodigieux, effroyable !
Les masses soutenaient des pressions incroyables.
Des geysers propulsés par les vents sidéraux
Consumaient de fureur les ébats minéraux
Pour donner naissance aux soleils originaux.
Les gravats se heurtaient à de grandes vitesses,
Portés par le souffle d'une admirable allégresse.
Tout venait s'inspirer d'une profonde ivresse.
Les frêles poussières, d'un magnétique élan,
Se comprimaient jusqu'à produire un lourd carcan
D'où pouvait s'échapper un magma dévorant.
De fortes convulsions secouaient sa dépouille.
De cet agglomérat de chair ceint par la rouille,
Que le néant corrompt et que la clarté souille,
De cette symphonie promise à l'expansion,
De cette chute sans fin sevrée d'ascension,
On pouvait voir vomir les feux de la passion.
Ô fracas fulgurant de toute plénitude,
État universel de la béatitude,
Ce qui n'était qu'un seul devint la multitude !
Et puis, soudain, parut l'éternelle lumière !
Elle fut propulsée hors de sa tanière
Avec le prompt éclat d'une flèche incendiaire.
Étape décisive, ô moment primitif,
Où toute existence prit son sens positif,
Instant où tout poids mort fut devenu actif !
Ô défaite du noir, ô reddition du sombre,
Fabuleux triomphe bâti sur des décombres
Où l'aube originelle apparut sans encombres !
Un immense brasier chassa la cécité
Et la déflagration conquit l'obscurité
Avec l'auguste fureur de la Vérité.
C'était la Matrice, le vertigineux trou,
L'utérus d'où sortit l'indicible courroux
Qui fit la création de ce Rien nommé Tout !
C'était la genèse, cette éclosion des mondes,
L'expulsion inouïe des premières secondes,
L'auguste flamboiement des chevauchées fécondes !
Les étoiles vinrent peindre ce ciel d’humeurs,
De flammes, de beautés, de vertus, de stupeurs,
De noirceurs et clartés, de douleurs et douceurs.
Les étoiles vinrent sertir ce ciel d'encre
Et l'art sur le néant jetait enfin son ancre.
Sur tous les esprits purs et sur les esprits cancres,
Et une voix perça tout cet amas touffu
Et lança à travers l'épaisseur du refus :
" Que la Lumière soit ! " … Et la Poésie fut !
Alors les poètes, de Dante à Baudelaire,
Gravirent les marches du seuil crépusculaire
Pour pouvoir assister au grand banquet d’Homère.
D'abord, on entendit une sourde pulsion,
Un tempo engendré par cette confusion
Comme un compte à rebours issu d'une obsession.
Cherchant en ses tréfonds sa confusion intime,
Le ciel revendiquait son essor légitime
A partir de la parcelle la plus infime.
Tout s'agitait, tout frémissait, tout s'emballait !
Les électrons, tantôt maîtres, tantôt valets,
Poussaient les atomes à un vaste ballet.
De ce déchaînement aux essences premières,
De cette fournaise jaillit, ô Pouponnière,
Des rayons de beauté, des torrents de lumière.
Des tempêtes de feu explosant des confins,
Des gerbes de flammes criaient toutes enfin !
Heureuses d'échapper à leurs mortels couffins.
C'était un spectacle grand et impitoyable !
C'était magnifique, prodigieux, effroyable !
Les masses soutenaient des pressions incroyables.
Des geysers propulsés par les vents sidéraux
Consumaient de fureur les ébats minéraux
Pour donner naissance aux soleils originaux.
Les gravats se heurtaient à de grandes vitesses,
Portés par le souffle d'une admirable allégresse.
Tout venait s'inspirer d'une profonde ivresse.
Les frêles poussières, d'un magnétique élan,
Se comprimaient jusqu'à produire un lourd carcan
D'où pouvait s'échapper un magma dévorant.
De fortes convulsions secouaient sa dépouille.
De cet agglomérat de chair ceint par la rouille,
Que le néant corrompt et que la clarté souille,
De cette symphonie promise à l'expansion,
De cette chute sans fin sevrée d'ascension,
On pouvait voir vomir les feux de la passion.
Ô fracas fulgurant de toute plénitude,
État universel de la béatitude,
Ce qui n'était qu'un seul devint la multitude !
Et puis, soudain, parut l'éternelle lumière !
Elle fut propulsée hors de sa tanière
Avec le prompt éclat d'une flèche incendiaire.
Étape décisive, ô moment primitif,
Où toute existence prit son sens positif,
Instant où tout poids mort fut devenu actif !
Ô défaite du noir, ô reddition du sombre,
Fabuleux triomphe bâti sur des décombres
Où l'aube originelle apparut sans encombres !
Un immense brasier chassa la cécité
Et la déflagration conquit l'obscurité
Avec l'auguste fureur de la Vérité.
C'était la Matrice, le vertigineux trou,
L'utérus d'où sortit l'indicible courroux
Qui fit la création de ce Rien nommé Tout !
C'était la genèse, cette éclosion des mondes,
L'expulsion inouïe des premières secondes,
L'auguste flamboiement des chevauchées fécondes !
Les étoiles vinrent peindre ce ciel d’humeurs,
De flammes, de beautés, de vertus, de stupeurs,
De noirceurs et clartés, de douleurs et douceurs.
Les étoiles vinrent sertir ce ciel d'encre
Et l'art sur le néant jetait enfin son ancre.
Sur tous les esprits purs et sur les esprits cancres,
Et une voix perça tout cet amas touffu
Et lança à travers l'épaisseur du refus :
" Que la Lumière soit ! " … Et la Poésie fut !
Alors les poètes, de Dante à Baudelaire,
Gravirent les marches du seuil crépusculaire
Pour pouvoir assister au grand banquet d’Homère.