rivière
Maître Poète
Fuyez, mes amies, ces villes
Fuyez, mes amies, ces villes
où
la haine égrène
l’angoisse du néant,
et rejoignez
le glissement du soleil
sur
les champs des glaises près des hameaux.
Baptisez le ressac des blés
qui
interrogent
les clochers sur l’antienne des herbes,
assemblez-vous, mes nymphes,
dans la prée,
et tressez les couronnes d’offrandes
à l’océan des saules.
Ne tremblez plus. Imitez-nous :
parfois, des voyageurs égarés par la piée*
s’arrêtent dans notre métairie
quand tombe le crépuscule.
Nous leur offrons l’hospitalité,
et après le souper,
nous leur chantons
le refrain d’une ache aux mâts des bocages,
le temps des saisons
quand
le bonheur conquiert l’azur,
puis lutte contre les hivers si cruels.
Porte ma Douce,
et vous toutes mes compagnes,
vous que j’aime,
le brin d’un rêve à la hampe des sylves,
les moineaux nous fêteront bientôt
sur les coteaux,
car seule la nature
connait l’haleine d’un rondel.
*piée : terme manceau désignant la pluie.
Sophie 839
Fuyez, mes amies, ces villes
où
la haine égrène
l’angoisse du néant,
et rejoignez
le glissement du soleil
sur
les champs des glaises près des hameaux.
Baptisez le ressac des blés
qui
interrogent
les clochers sur l’antienne des herbes,
assemblez-vous, mes nymphes,
dans la prée,
et tressez les couronnes d’offrandes
à l’océan des saules.
Ne tremblez plus. Imitez-nous :
parfois, des voyageurs égarés par la piée*
s’arrêtent dans notre métairie
quand tombe le crépuscule.
Nous leur offrons l’hospitalité,
et après le souper,
nous leur chantons
le refrain d’une ache aux mâts des bocages,
le temps des saisons
quand
le bonheur conquiert l’azur,
puis lutte contre les hivers si cruels.
Porte ma Douce,
et vous toutes mes compagnes,
vous que j’aime,
le brin d’un rêve à la hampe des sylves,
les moineaux nous fêteront bientôt
sur les coteaux,
car seule la nature
connait l’haleine d’un rondel.
*piée : terme manceau désignant la pluie.
Sophie 839