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Frimas cendré

Anchora

Poète libéré
J'embrase enfin ce rempart d’épines,
Ce poison ensorcelant mon cœur de coton.
Son feu tellurique réduit en cendre
Ce sombre cocon de mémoires funestes.
Sous le frimas de ce gris chimérique,
Dans mon haubert à l’éclat si fébrile,
Je marcherai vers les runes de l'ombre,
Vers ce ciel aperçu dans sa brume.

Ne cédant plus à la tempête invisible,
Je serai l’œil sombre du grand cyclone,
Qui chasse l'ombrage d'un pas indomptable,
Pour que la couronne d’or reprenne son trône.
Sur la lande nue au décor flétri,
Je ferai jaillir une majestueuse sylve,
Dont un arbre fier, qui ne ploiera plus,
Fera face au courroux de la terre sacrée.

Sa cime grandiose embrasse l’empyrée,
Défiant l’orgueilleuse citadelle céleste
Du chant sauvage de ses ramures lestes.
Tandis que ses racines profondes
S'en vont foudroyer le Pandémonium
Qui festoie, par le fer, le sang et le vice
Mon agonie promise au supplice
De la vierge de fer acérée

Ô Leshy millénaire, veille sur ma quête,
Je suis ton chevalier tordu à l'estoc brisé,
Mais d’une main souveraine, je purifierai
Ta terre empoisonnée pour sauver les fleurs,
Filles de la nécropole damnée
Qui surgit la nuit dans le champ de ronces,
Quand la sorcière du vide corrompt mon âme
Et vient éteindre mon éclat indomptable.

Ô Leshy millénaire, déploie ton miracle,
Et réchauffe cet hiver éternel
Qui fend de son spectre ma cuirasse
Et fait faiblir la main qui éclaire les rosiers.
Éveille le dragon de sève et de turquoise,
Le gardien muré dans ton auguste sein,
Qu'il ravive le brasier de ce cœur
Pour que je chemine vers ce clocher…

Ce royaume inconnu aperçu dans le frimas cendré
 
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