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Florilège (2)

Somnambule

Nouveau poète
J'ai effectué quelques amputations afin de pouvoir terminer ce florilège en deux parties. Voici donc la suite. Désolé pour la présentation, tout a été formaté en Arial x-small mais des différences se créent et je ne sais pas pourquoi...


Sans titre 8.

je ne regarde pas
ce à côté de quoi
je passe comme un ange

je ne regarde plus
ce que j'ai déjà vu
je passe c'est étrange

cette vieille impression
me suit mais sans raison
je passe, c'est un ange

veillons sur ce silence
laissons-nous une chance
ce silence dérange

03.08.08


à-L.

Souvent j'imagine qu'on me touche
c'est un art que la solitude
appelle à elle quand je me couche,
appelle à elle par habitude.

Si cette main était à elle,
serait-elle douce, patiente ?
Comment cette main serait-elle ?
Sur mon dos nu, agile, lente ?

Si cette peau était à elle,
est-ce que je la reconnaîtrais ?
Je la trouve tellement belle,
épouserait-elle mes traits ?

Et si ce corps était à elle,
qu'en ferait-elle dans la nuit ?
Paré de perles et de dentelle,
est-ce que ce corps ferait du bruit ?

Si cette vie était à elle,
si à elle était ma tendresse,
est-ce que cette vie serait celle
dans laquelle je tiens des promesses ?

Elle sait que j'aspire à elle
et sait mes transports impudiques
et sait dans les transports publiques
mon regard s'accrocher à elle.

Été 2008



Sans titre 9.

Un éléphant
l'aura trahie.
Je vois un champ,
un champ fleuri.
S'anime alors
au fond de moi
de faune et flore,
un vieil émoi
où court un âne.
Puis il s'arrête,
son œil me damne :
"Fleuris, prophète"

été 2008



Sans titre 10.

Tu es fille de faune et flore,
l'âne et la fleur l'auront compris;
Et j'irai au cœur de ce fort,
car ce cœur-là doit être pris;

Et je ne crains pas ton mépris,
je ne crains rien, sinon ta mort.

Tu es fille de faune et flore
et l'âne et la fleur ont compris
que comme eux je suis faible et fort,
et que comme eux je suis épris;

Et j'irai qu'importe le prix;
Et j'irai qu'importe l'effort.

Pour tes cheveux orange-aurore,
pour tes yeux noisette en amandes,
je briserai tout sans remords,
c'est ce que mon cœur me commande.

Et sa victoire sera grande,
mon cœur est un vainqueur d'abord.

Il a vaincu le vent du nord,
il a parfois été la viande
qui résiste quand la vie mord.
Voici ce que mon cœur demande :

"je veux les cieux, je veux les landes
et je veux son cœur et son corps"

été 2008


Sans titre 11.

Lorsqu'une femme me demande
de lui parler avec le cœur,
alors à mon cœur je commande
de se cacher et d'avoir peur.

Je sais que les épanchements
que l'on fait en toute confiance,
sont une arme offerte et l'amant
regrette chaque confidence.

Jamais femme n'oublie un mot
lorsque la phrase est dangereuse
pour celui qui parle et bien sot
qui se confie à l'amoureuse.

Qui le sait, bien que courageux,
n'emprunte jamais cette voie,
sauf à vouloir perdre l'enjeu,
sauf à chercher l'eau qui le noie.

Chacun des hommes aura apprit
cela de sa toute première,
sinon le malheureux, celui
qui n'a jamais connu sa mère.

02.09.08

Sans titre 12.

et croire en ce qu'il faut
aimer ce qui est beau
courir après le vrai
courir, courir après
relever le niveau

ne pas faire de montagne
du bagne si le bagne
est une condition
sinon sine qua non
un cache-sexe, un pagne

remodeler la boue
ne pas faire la moue
inventer quelque chose
il faut que chacun ose
chacun est un bijou

on ne vit qu'une fois
ou du moins je le crois
alors vivons plus denses
marquons notre présence
déposons notre croix

car en nous tout est fait
tout est dit, beau et laid
et rien n'est impossible
je brûlerai ma bible
et je serai parfait

?? 2008
Exact.

il faut avoir de la patience
et j'en ai;
ce n'est pas une exacte science
que t'aimer.

?? 2008

Sans titre 13.

Si c'est leçon,
je suis un cancre.
Si c'est prison,
pourquoi j'y suis ?

Si c'est voyage,
j'ai jeté l'ancre.
Si c'est naufrage,
pourquoi ici ?

Pourquoi le Temps ?
Pourquoi je ris ?
Et pourquoi tant

et tant de si ?
Pourquoi l'enfant ?
Pourquoi la vie ?

24.09.08
Habités.

Au fond des solitudes
qui sont au fond de nous
qui sommes au fond du trou,

l'âme humaine à l'étude
révèle les odeurs
putrides des douleurs.

Le cœur humain s'enterre
pour ne plus rien sentir
et s'étouffe et c'est pire.

Et notre esprit, lumière,
éclaire ce tombeau
comme si c'était beau.

Ce mausolée, le corps,
alors traine au milieu
de la vie, dangereux,
puant, comme la mort.

29.09.08

Étrangère.

D'où vient cette étrangère
qui fait si bien l'amour ?
On me murmure : "d'Angleterre",
l'île que je confonds toujours
avec Singapour
ou bien le Cap Vert.

Et tout va de travers
et je compte à rebours,
j'avance en regardant derrière,
je fais sans-cesse demi-tour.
J'y pense toujours,
tout ça n'est pas clair...

Où est cette étrangère ?
Je la cherche alentour,
j'ai pas fait le tour de la terre
mais j'ai perdu quatre vains jours
à chercher l'amour
au fond de ma bière.

Où va cette étrangère ?
Je n'étais qu'un détour,
mais qu'a-t-elle laissé derrière ?
Pourquoi je vis ce long séjour,
ce trop long séjour,
long comme un désert ?

Été 2008
Sans titre 14.

L'inaccessible est trop facile à désirer,
je le vois d'où je suis, tu le vois d'où tu es.
Les goûts du cœur ne sont jamais faits pour durer,
je désire un instant devant quoi tout se tait.

Si je fus un enfant, j'ai perdu l'innocence.
Si j'ai connu l'amour, il a lâché ma main.
Je marche en regardant droit devant et je pense
à ce qui est derrière, à ce qui n'est plus rien.

Mon cœur triste charrie des vagues de méfiance
et quand à quelques pas j'aperçois une fleur,
j'approche et elle fane, et dans mon impatience
je cueille des cadavres d'herbes sans couleur.

Le soir quand je suis seul je sais que c'est le soir.
Je rassemble ces tiges en bilans-poèmes
et mes mains tressent en tremblant ces herbes noires
en couronnes d'épines pour tous les gens que j'aime.

Ma haine est un crachat piquant comme un chardon
qui déchire ma gorge bien plus que la votre...
je n'ai pas l'intention de demander pardon,
ravalez vos pitiés, ou offrez-les à d'autres.

Je ne suis pas une victime de la vie.
J'ai eu toutes les chances, toutes les fortunes;
L'effort n'était qu'un mot, inutile l'envie;
Je croyais tout à moi et tout jusqu'à la lune,

quand j'étais un enfant. Mais j'ai perdu l'enfance.
Je retiens de l'amour ce qu'est le lendemain.
Tout ce que je caresse n'est qu'une carence,
tout ce que je ressens se dessine au fusain.

Ce que je peux toucher est ce que je possède
et ce que je désire est ce qui est obscène.
Toujours je me détourne de ce qui m'obsède,
qu'on me parle d'amour et je cède à la haine.
On ne m'a pas appris à me battre pour ça.
On ne m'a jamais dit qu'il fallait du mérite
et qu'on peut être plus que ce qu'on est déjà
et qu'on peut être plus que ce dont on hérite.

L'inaccessible est trop facile à désirer,
c'est ce qui me déchire et c'est ce que je sais.
Je désire un silence jamais déchiré.
Je désire l'instant devant quoi tout se tait.

06.10.08

Ma race, hume ma haine !

Flagorneries sans nom,
énormités en masse,
mensonges en surface.
Immensité de cons
et de cons de ma race,

je vomis votre fond
et vous crache à la face.
Que votre peau crevasse !
Que votre ventre rond
soit brûlé dans la glace !

Je vous hais de bon cœur,
il est juste de dire
que vous méritez pire
que toutes les douleurs
que vos vies vous inspirent.

Et la meilleure odeur
que vous pourrez sentir
sera celle qu'expirent
vos semblables de mœurs
au moment de pourrir.

23.10.08

Sans titre 15.

On roule avec la route
comme des pneus fumants
dégonflés par le doute
et comme insignifiants.
Il faut que je m'en foute.

La route est longue encore,
toujours contre le vent
et on traîne nos corps
et nos vieux palpitants.
J'estime le décor :

Des regards insolents,
des anges en pléthore.
Au plafond de ma soute,
l'univers est bruyant.

27.10.08


L'arrêt de bus.

L'arrêt de bus, en face de chez moi, est composé d'une place et d'un petit abri. En cas de pluie le petit abri peut protéger au moins quinze personnes. Si il ne pleut pas, trois personnes au plus se mettent sous l'abri et les autres attendent le bus en ligne, des deux côtés de l'abri et à une distance d'un mètre au moins séparant chacune d'elles. Les araignées qui vivent là ne font pas tant de cas de la proximité et se massent par dizaines sous ce toit providentiel.

J'arrive et je dis bonjour à l'assemblée. Les usagers, sympathiques au possible, me répondent de la même manière que les araignées. Tous leurs yeux me regardent et leurs bouches restent closes. Je leur pardonne, moi aussi je viens de me lever, moi aussi je les déteste gentiment, moi aussi j'ai envie de leur mettre quelques baffes. Les araignées se sont réveillées bien plus tôt que tout ce petit monde, elles ont refait leurs toiles, lissé leurs fils invisibles et il y a déjà longtemps qu'elles attendent.

Lorsque le bus arrive, les gens se pressent. Ils ont tous un rêve inavoué : s'asseoir à côté de personne. Que ceux qui veulent descendre ici soient prêts à se battre, la petite foule qui prend le bus d'assaut ne les voit pas. Ils sont bousculés, leurs épaules s'entrechoquent avec d'autres épaules, leurs pieds s'emmêlent dans d'autres pieds. Les araignées regardent ce spectacle avec consternation. Elles ne sont pas pressées.

Les araignées attendent que les gens aient fini de descendre du bus. Elles attendent que tous les humains aient fini de monter dans le véhicule et c'est ensuite qu'elles commencent à esquisser des déplacements vers la porte de celui-ci. Elles se font des politesses, elles perdent du temps. Le bus s'en va toujours sans elles. Elles attendront le suivant. Elles ne sont pas pressées.

Les usagers ne sont pas les mêmes chaque jour. Je pense que certains de ceux qui sont partis hier ne sont jamais revenus. Certains autres n'ont pas eu le courage de se lever. Ceux qui étaient là hier et sont là aujourd'hui ne seront sûrement pas là demain. Les araignées sont toutes là, chaque matin. Sans exception. Elles ne sont jamais parties et ne partiront jamais, mais elles continueront d'attendre.

Je ne saurai jamais si un bus exceptionnel passe parfois pour les araignées, car demain matin...

Demain matin, j'emporterai avec moi une veille godasse. Sous le regard médusé des autres humains, j'écraserai contre les vitres de l'abri les araignées. L'une après l'autre. Méthodiquement. Jusqu'à la dernière je les écraserai !

Octobre 2007
Quoi, vous êtes encore là ?

 
merveilleux.
merci pour tous ces mots qui se bousculent et s'entrechoquent maintenant dans ma tête, entraînant avec eux tout un florilège d'émotions... et qui me font du bien.
merci, mon ami.
 
Que de mots, de bas en haut, du froid au chaud,
De laid en beau, et peuvent soigner des maux !?
 
raaaaaaah alors la non vilain...je les aimais bien moi tes araignées, tu es bien aussi civilisé que tous ces humains qui poireautaient avec toi devant cet arrêt de bus grrrrrrrr!!!! non sans rire mffff, beaucoup de préférés sur cette page ci: le 10, le 11, le 13, l'étrangère et bien sur ton arrêt de bus(je crois que je ne les verrais plus pareille et si les gens me voient le nez en l'air, ils vont croire que j'ai une araignée au plafond....lolllllll) il y a aussi beaucoup de souffrance et de colère derrière certaines lignes....la poésie est aussi et souvent avant tout un exhutoire....merci pour le partage Som...
 
Ben voilà j'ai accompli l'exploit de les lire d'un coup !
Sa doit etre le but!? Bref oui ils sont splendides et le
aL, 10, 11et le bus oui aussi pis non ils ont quasi tous quelque chose d'intéressant !
Sérieusement, beaucoup de choses trop pour une lecture, j'y reviendrais et... je revoterais !
 
et bien je viens de terminé la seul chose qui en ressort et de la tristesse dans tout vos texte
un amour perdus déçus ......

insomnie .... la vie fais tout ce quelle veux le pire ou le mieux ......
 
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