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Florilège (1)

Somnambule

Nouveau poète
Une personne qui n'a peur de rien m'a demandé de poster tout ce que j'ai écrit et en particulier n'importe quoi. Tout, c'était un peu trop, mais voici un petit florilège. Les textes choisis sont tous des premiers jets, très peu ont subi de modifications et beaucoup n'ont aucune mise en forme. Ils ont en commun de me plaire pour une raison quelconque et de me déplaire d'une manière ou d'une autre.

Le premier m'a semblé parfait comme introduction...




Sans titre 1.


il faut apprendre à désapprendre
apprendre à lancer
à jouer, à ne pas compter sous mes pas les pieds
j'ai une destruction à entreprendre


il faut blesser la blancheur
noyer de fureur la raison suprême
cracher mon cœur blême
il faut fouetter sans tiédeur


renverser les bornes ou les chênes bordant les chemins
ne pas considérer la ligne de démarcation
dériver sans voile et sans embarcation
dans l'eau chaude ou froide sans regarder au loin




date inconnue (2007)


Sans titre 2.

en vérité j'existe déjà
je n'ai pas besoin de me construire
je suis une autre parcelle de conscience
j'observe des choses

je ressens que mon corps est une fiction
il n'a aucune raison d'être
j'ai besoin d'un véhicule translucide
et d'enlever les dispositifs de sécurité

la lumière est nuisible
elle crée des ombres et des illusions
et ce que l'on distingue en dessous d'elle
nous apparait réel

cette prison est infâme
j'en arrive à boire pour oublier
que j'ai besoin de pisser
et j'ai la sensation que ce n'est qu'un début

le prisme est plus déformable
avec des bulles
ceci est un avis personnel
sans conséquences

l'inaccessible est souvent trop facile a atteindre
il suffit de ne même pas fermer les yeux pour le voir
ou d'être étourdi
et sans aucune volonté

les secondes et leurs fractions sont des mensonges
la vérité ne s'embarrasse pas du temps
en quelque sorte elle le combat même
en étant si passagère

tout objet jeté tombe au sol
c'est une théorie vérifiée
d'ailleurs l'instant de l'impact est plus théorique qu'autre chose
tout choc possède sa part de vérité

la vérité n'a pas de sens
car il s'agit d'une histoire sans fin et sans commencement
nous parlons beaucoup et nous perdons du temps
mais ça n'a aucune importance
Juin 07


Nous aimer.

Allons-nous nous évaporer,
nous emmêler
avec les nuages, dériver,
nous envoler ?

Allons-nous tomber en poussière,
tomber à terre,
érodés, rejoindre la mer,
devenir grains d'un sable clair
bercé de vagues,
être tant bercés qu'on divague,
tant qu'on en perdrait la raison,
qu'on oublierait tout de la terre,
de ses passions,
de ses mystères ?

Allons-nous partir en fumée,
suivre le vent,
dans l'air ambiant nous diluer
et nous diluer tellement
que l'on sera partout présents,
partout où il y a des amants,
partout où il y a des baisers
pour jouer à les attraper ?

Allons-nous fondre à la chaleur
de nos deux cœurs,
tout lentement, tout en douceur
devenir l'eau d'une rivière
et nous infiltrer dans la terre
pour nourrir une jolie fleur ?

Ou allons-nous plus simplement,
comme tant d'amants...
dans nos bras nous serrer,
simplement nous aimer ?


04.07.07



Le verre.

Qu'est-ce qui m'a poussé à pousser à terre
un verre ?
Je le trouvais trop immobile, trop matériel,
trop imbécile ou trop réel.
Trop transparent pour que je le laisse tranquille.
Je savais qu'il était fragile
mais je voulais le bousculer,
voulais le voir virevolter.
Voir sa chute, forcer son destin.
Je ramasse le verre tombé,
ça me semble un peu trop facile.
Je vais le remplir d'un bon vin
car il ne s'est jamais brisé.

Juillet 07


Cent titres.

Cent mails et sans passion.
Cent mails et sans espoir
de s'emmêler.
Deux-cent mails et bonsoir,
on s'est aimé...
Je ferme la session.

Date inconnue (2008 ?)


Sans titre 3.

C'est un mystère
C'est un huis-clos
C'est un bunker
Qui a la clé ?

C'est un enfer
C'est un enclos
C'est mon malheur
Qui a la clé ?

Qui a la clé de ce cœur ?
C'est toi j'en ai bien peur

C'est toi qui fais si bien
Ce qui me fait si mal,

P'tit bonheur.

?? 2007




Des giga.

les filles comme toi
ne m'amusent pas
les filles comme toi
oh j'en ai déjà

oh j'en ai déjà
j'en ai des giga
oh déjà j'en ai
des giga à digérer

les filles comme toi on peut les
télécharger

les filles comme toi
ne m'attirent plus
des filles comme toi
oh j'en ai tant vu

oh j'en ai tant vu
tant que j'en veux plus
tant et tant dont j'ai
les tétins maté
les filles comme toi, toutes les chaudes
je les download

les filles comme toi
je crois vous n'êtes
les filles comme toi
oh que des octets

oh que des octets
et sur internet
y'en a trop comme toi
y'en a des mega
y'en a des giga
y'en a des tera
et je sais plus quoi
y'en a plus qu'assez
j'en suis révulsé
j'en suis dégouté
des filles comme toi

et j'en ai plein l'nez
j'en ai plein les doigts
ça colle au clavier
ça ne me plaît pas...

les filles comme toi.

Date inconnue (2007)




Le père noël. (country music)

On m'dit qu'le père noël est américain,
Qu'avec son traineau c'est de là-bas qu'il vient...

Le père noël est un yankee,
Il habite dans le Missouri.

Paraît qu'le père noël est américain,
Paraît qu'il vote toujours républicain...

C'est normal d'être un vrai crétin
Quand on est né aussi chrétien...

Au père noël, moi je m'écrie :
Cette année, mon vieux, reste au lit;

On va boycotter noël
De Tien An Men à la tour Eiffel :

On va pas sortir les chaussettes;
Pas d'cadeaux, pas d'sapin, pas d'fête !

Et si tu grimpes sur mon toit...
La NRA dit que j'ai l'droit :

Tu es sur ma propriété,
Je suis armé, je vais tirer !

...

On m'dit qu'le père noël est mort ce soir, ouais
Paraît qu'le père noël est mort ce soir

On a retrouvé son traineau
Mais pas de corps, ni de manteau.

On m'dit qu'le père noël est mort ce soir, ouais
Mais tout ce qu'on me dit je veux pas l'croire

Sans macchabée y'a pas de preuve,
Je m'excuse auprès de sa veuve...

Mais quelqu'un de sa condition,
On le bute pas sans précautions !

30.12.07




La fessée.

J'ai donné la fessée
à une demoiselle
qui, loin de s'offenser,
s'est vu pousser des ailes.

Haha ! ça te plaît donc !
Je vois rougir tes joues
comme la peau de ton
petit cul sous les coups !

Je pensais te punir
pour ta frivolité
mais, loin d'y parvenir,
je l'ai même attisée !

La colère m'emporte !
Et mon ardeur redouble !
Plus mes claques sont fortes,
belle, plus tu te troubles !

Allons, je te pardonne,
mais je dois avouer
que tes soupirs, cochonne,
m'ont tout émoustillé.

À ces mots cette fille,
me voyant sans défense,
m'a poussé sur le lit
et, prise de démence,

m'a menotté les mains
puis m'a déshabillé.
Comme un pauvre pantin
j'étais manipulé !

Vous saurez deviner
ce qu'elle a fait ensuite.
Je peux vous affirmer
que ce n'était pas triste !

Depuis ce jour je n'ai
plus jamais pu dormir
sans rêver que je fais
l'amour à des vampires.

Mon cœur est à néant
devant ce souvenir
si doux et si violent
qui me fera mourir.

Fin 2007- début 2008 (à peu près mais presque sûrement)



Sans titre 4.

Tu m'as laissé tomber,
tu m'as laissé aussi
l'adresse de ta psy
sur un bout de papier.

?? 2007

Sans titre 5.

Un œuf dur à cuire
m'a dit, dans un langage
que je ne peux décrire :
"Va voir ailleurs si j'y nage !"

Dans l'eau qui bout :
"Va voir ailleurs, tout au bout !"

Et j'ai puisé
ce que j'ai pu
et je l'ai bu,
épuisé.

L'histoire me répète
dans une langue morte
qu'on peut bien défoncer des portes,
que rien ne s'arrête.

Quoi, se noyer ?
Marre de rallumer ce foyer !

Fatigué d'aiguiser
ce vieux couteau,
à coups dans l'eau
déguisés.

date inconnue




Sans titre 6.

quand mes illusions meurent
elles emportent avec elles
des tranches de mon cœur

quand mes illusions, belles
comme battues par la pluie
un jour perdent leur place

quelque chose s'écrit
quelque chose s'efface
mon visage est terni

je le vois dans ma glace
et cela me fait peur

date inconnue

Inspiré par la sordide histoire de cet autrichien qui séquestra sa fille pendant si longtemps :

quelque chose de rampant
s'est glissé sous ma peau
faisant de moi l'amant
que tu connais

quelque chose de méchant

quelque chose dans mon sang
qui n'a pas de repos
tu le sais, je le sens
oui tu le sais

tu le trouves alléchant

oui c'est là ma splendeur
elle fait de moi ton maître
et elle fait la douleur
dans ta chair

tes cris me sont des chants

je t'aime sans douceur
je hais que tu oses être
j'étouffe ta chaleur
te fais taire

je te frappe en sachant

que tu es mon enfant
je désire que tu meure
je te désire pourtant
oui ma chère, oui mon sang
saigne et sue, sans dessous
tu me tue, tu m'es tout
tout et plus, mon enfant
ma pauvre enfant qui pleure

ma fille, ma pesanteur,
mon pays, mon amour,
ma fidèle, mon bonheur,
mon aller sans retour.

date inconnue





Chanson d'hirondelle.

à tour de rôle
à tire d'aile
les hirondelles
s'envolent

comme les femmes elles savent où sont les pôles
et les épaules à elles les appellent

une hirondelle s'est posée sur mon épaule

l'hiver les frôle
ne les touche pas
elles fuient le froid
s'envolent

comme les femmes elles savent où sont les pôles
et les épaules à elles les appellent

cette hirondelle a déjà quitté mon épaule

tournez, volez, et pourvu que vous reveniez
car je vous attendrai comme j'attends l'été
fuyez, partez, je sais que vous me reviendrez
et pourvu qu'en chemin vous ne vous égariez

...

vous m'évitez
par habitude
l'hiver est rude
partez

car j'ai bien peur
que cette saison
soit la maison
où vit, où meurt,

où vit mon cœur.

Printemps 2008




Chanson de Lyly Lee.

Oh lalala
Hey lay lay lay lay

Hi, Lyly Lee
Pourquoi t'as chargé ce fusil ?

Aïe, Lyly Lee
Combien de fois je te l'ai dit...

Oh lalala
Hey lay lay lay lay

Hi, Lyly Lee
Je suis à la masse moi aussi

Aïe, Lyly Lee
Ramasse les morceaux de ta vie

Oh lalala
Par où tu vas
Hey lay lay lay lay
Et, qu'est-ce que t'y fais
Lyly

Oh lalala
Hey lay lay lay lay

Hi, Lyly Lee
Il n'y a rien pour toi là-bas

Reviens ici
Et ne t'éloigne plus jamais

Oh lalala
Hey lay lay lay lay
Lyly

été 2008




Sans titre 7.

des rituels, pas d'idéal,
des ritournelles de cannibales,
des étincelles, des cathédrales,
dans les ruelles de vieux scandales

pas de propos lancinants,
ces quelques mots très charmants,
armes des sots soit-disant,
mais j'en dis trop, il est temps

vont les sanglots
vagues verreries
dans les mortes prairies
on construit des bistrots

j'y repose
sans soucis
par ici
je repose

?? 2008

Va voir ailleurs.

va-t-en voir au bar si j'y bois
et si je n'y bois pas, bois-y
et bois-y tant que tu t'y noies
parmi les saouls qui s'égosillent

va-t-en voir au bar si j'y bois
même si tu m'y vois pas vas-y
et vas-y vite et qu'on t'y voie
te vautrer dedans ton whisky

va-t-en voir au bar si j'y bois
du blanc et si j'y broie du noir
et si j'y bois et si j'y broie
et si j'y ploie sur le comptoir

frappe du poing sur le zinc en bois
et va donc ailleurs te faire voir
et va voir ailleurs si j'y suis

juin 08


Ok, le site a coupé mon florilège ici, un peu avant la moitié de ce que j'avais voulu poster. J'ai aussi eu quelques problèmes de mise en page que je n'ai pas toujours su résoudre, comme vous l'avez constaté. Mais rien de dramatique. Et pour la suite, je reviendrai un de ces jours.
 
tout à fait à la hauteur de mes espérances!
des tas de petits bouts de toi évocateurs de ce que tu es, de ce que tu vis, et ça me ravi!
même à cru, sans travail, même sans mise en scène, tes écrits ont le charme et le talent qu'on te connait.
 
Bon j'avoue que ça vaut le détour, tu vx le succes :
Prends "la fessee" et edite le séparé des autres, c'est garanti grand succes !
Enfin je me tais on va encore me commenter esprit tourmenté...
Je vote ! Bravo
 
bon j'obeis toujours à Ama lol....alors je suis venue lire tes florilèges et....et....je me suis régalée!!! sur certains plus que d'autres mais que de plaisir à te lire, pour des premiers jets, c'est formdable je trouve. Evidemment je suis une fille romantique et ma préférence va à "nous aimer" mais je craque un tantinet beaucoup sur le Père Noel que n'est pas de mes amis et plus payen que chretien, dommage que ça aille moins bien avec crétin....
Un grand chapeau bas pour ta science du verbe et de sa manipulation....poésie intelligente et superbe qui m'a emportée.... Bravo Som et bisous
 
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